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Critique : « Le Hobbit : la Désolation de Smaug » de Peter Jackson

19 décembre 2013 2 commentaires

Le-Hobbit-La-Desolation-de-Smaug-Affiche-Finale-YSABien que le premier volet de la saga n’ait pas tenu toutes ses promesses, la faute à un démarrage plutôt poussif et un récit artificiellement hypertrophié, on était quand même impatient de voir ce qu’allait donner la suite (ou pas). Et disons le tout de suite, le deuxième volet des aventures du Hobbit surpasse le premier, nous offrant 2h40 d’un divertissement de haute volée, sans aucun temps mort et souvent grandiose, ce qui est d’autant plus appréciable que l’on pouvait s’attendre à un film de transition sans gros enjeu.

La (trop) longue introduction du premier opus étant passée, l’action peut enfin commencer et Peter Jackson ne perd plus son temps. Bilbo Baggins, Gandalf et ses 13 compagnons nains s’engouffrent dès le départ dans une sombre et mystérieuse forêt peuplée d’araignées géantes tueuses et d’Elfes assez peu hospitaliers. L’occasion de nous offrir des scènes assez vertigineuses et une séquence d’évasion dans des tonneaux d’anthologie, qui nous prouve que Jackson en a décidément toujours sous le capot quand il est question de mise en scène. L’affrontements entre Elfes et orques est toujours aussi efficaces, les flèches fusent dans tous les sens, tous comme les tonneaux remplis de nains, pour notre plus grand plaisir.

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Côté casting, on est un poil surpris de retrouver un Legolas qui semble avoir un peu enflé (Orlando Bloom a pris un petit coup de vieux en 10 ans), et plutôt charmé par l’apparition de Tauriel (Evangeline Lilly), une Elfe sylvestre inventée par Jackson (les inconditionnels de Tolkien hurleront sans doute) qui contre toute attente en penche plutôt pour un nain assez beau gosse – j’ai nommé Kili (Aidan Turner).

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Ce n’est d’ailleurs pas la seule entorse au matériau original (Bilbo le hobbit, un « petit » roman comparé aux trois tomes du Seigneur des anneaux) puisque Jackson et ses coscénaristes Fran Walsh et Philipa Boyens intègrent à cette quête une confrontation entre Gandalf et le spectre de Sauron, histoire de faire le pont entre la saga du Hobbit et celle du Seigneur des Anneaux. Du côté des Hommes, l’archer Barde (Luke Evans, aperçu dans Tamara Drew de Stephen Frears) dont l’ancêtre avait failli à tuer le dragon quelques dizaines d’années auparavant, s’avère aussi charismatique qu’un Aragorn, à l’instar du chef des nains Thorin (Richard Armitage).

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Tout comme L’Empire Contre Attaque ou Le Parrain II, Le Hobbit : La désolation de Smaug prouve qu’on peut faire une suite plus sombre, plus dramatique et plus prenante que son épisode initial, et nous replonge dans les décors sublimes de la Terre du milieu, toujours aussi riche en personnages hauts en couleurs, monstres en tout genre, et paysages hallucinants. Parmi le bestiaire déjà bien fourni, on retiendra bien sûr le dragon Smaug, dont il est question dans le titre. Interprété brillamment par le britannique Benedict Cumberbatch à qui il prête sa voix – et qui retrouve pour l’occasion son collègue Martin Freeman (qui interprète son ami le docteur Watson de la série Sherlock) – ce monstre énorme nous offre une confrontation finale terriblement prenante, qui nous laissera véritablement sur notre faim.

Le Hobbit : La desolation de Smaug – Bande… par Lyricis

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Critique : « Le Hobbit : Un voyage inattendu » de Peter Jackson

18 décembre 2012 7 commentaires

Le-Hobbit-Un-voyage-inattendu-3D_portrait_w193h257Il aura fallu patienter neuf ans après la sortie du « Retour du roi », dernier épisode de la cultissime trilogie du « Seigneur des Anneaux », pour découvrir sur grand écran les aventures de Bilbo le Hobbit et son voyage très attendu. Un temps dévolue à Guillermo del Toro, également co-scénariste de cette nouvelle adaptation de Tolkien, et après d’interminables soucis de production, c’est finalement à Peter Jackson qu’a encore échu la lourde de tâche de mettre en images ce « prequel » de l’oeuvre phare de JRR Tolkien. Un retour aux sources pour le réalisateur qui nous replonge avec plaisir en Terre du Milieu.

Adapté du conte pour enfants de Tolkien « Bilbo le Hobbit », les aventures de Bilbo se déroulent une bonne soixantaine d’années avant que son neveu Frodo ne débute sa propre quête qui le conduira au Mordor. Bilbo n’était encore qu’un jeune hobbit vivant dans son trou de la Comté, jusqu’au jour où le magicien Gandalf (Ian McKellen, toujours aussi bon dans l’exercice) vienne troubler sa paisible existence en lui proposant l’aventure de sa vie : aider une compagnie de 13 nains à regagner leur royaume perdu, dont les a délogé le terrible dragon Smaug. Une intrigue plus light et une quête bien plus courte (le roman originel ne compte pas plus de 300 pages quand Le Seigneur des Anneaux dépasse allègrement les 1000) que Jackson a décidé de porter à l’écran en 3 films de près de 3 heures.

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Si la perspective de retrouver l’univers de Tolkien, certains de ses personnages clés (Gandalf, Elrond, Galadriel et bien sûr Gollum) ainsi que les paysages somptueux de la Nouvelle Zélande, dans trois nouveaux longs métrages peut sembler alléchante, il faut bien avouer qu’on sent que Jackson a allègrement tiré sur la corde, en nous proposant un prologue entrecoupé de chansons qui met bien une demi-heure à démarrer. C’est bien là d’ailleurs la principale faiblesse du film dont la narration reprend quasiment à l’identique la structure de La Communauté de l’anneau, avec flashback historique, tergiversations avant de se lancer dans la quête proposée par Gandalf, et parcours semé d’embûches.

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Néanmoins, si Peter Jackson tombe parfois un peu dans la redite, en nourrissant son film de clins d’oeil à ses précédents opus (reprenant le fameux plan de la compagnie marchant en file indienne sur une ligne de crête, pour n’en citer qu’un), il n’a rien perdu de sa capacité à mettre en scène des séquences épiques et toujours aussi impressionnantes, que ce soit dans le tout premier flashback avec la bataille de Thorin ou l’attaque du Dragon, ou dans une course poursuite hallucinante et virevoltante dans les mines. La splendeur des décors et la qualité des effets toujours présente, en plus de faire preuve d’une indéniable générosité dans le grand spectacle (auquel la 3D, quasiment imperceptible, n’apporte rien), Jackson nous offre également des intermèdes plus calmes. Des scènes qui permettent de rappeler qu’au delà de cette quête reste présente l’ombre de Sauron, à l’occasion d’un conseil restreint entre Gandalf, Saroumane, Elrond et Galadriel ; mais aussi des séquences burlesques qui détendent l’atmosphère, comme celle où l’on fait la connaissance de Radagast, un collègue sylvestre et adepte de champignons du magicien gris. Et bien sûr, la scène clé de la découverte de l’anneau et du duel de devinettes entre Gollum, que l’on retrouve avec plaisir, et Bilbo.

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Quant au Hobbit en lui-même, incarné par le britannique Martin Freeman, il parvient à être plus attachant et surtout moins agaçant que Frodo, mais souffre d’un certain déficit de charisme comparé au leader de la troupe, le nain Thorin (Richard Armitage), digne successeur (ou plutôt prédécesseur) d’Aragorn qu’avait si bien interprété Viggo Mortensen.