Archive

Posts Tagged ‘Oscars’

Steve McQueen évoque l’absence de « Shame » aux Oscars

21 février 2012 Laisser un commentaire

Michael Fassbender et Steve McQueen

Parmi les grands absents des nominations aux Oscars, dont la cérémonie se tiendra ce dimanche, on peut notamment citer « Drive » de Nicholas Winding Refn, et son acteur principal, Ryan Gosling. Mais aussi « Shame«  du réalisateur britannique Steve McQueen, dont le héros interprété par l’excellent Michael Fassbender a également été snobé par l’Académie. Pour McQueen, qui s’exprime à ce sujet dans le magazine Total Film, la raison de l’éviction de son film est simple : les Américains ne sont pas à l’aise avec « la chose ». Trop prudes, eux ? Possible…

Aux États-Unis, ils ont trop peur du sexe. C’est la raison pour laquelle [Michael Fassbender] n’a pas été nommé. En regardant la liste pour le meilleur acteur, comment ne pas se dire ‘quoi, Michael Fassbender n’est pas dedans’ ?

Si cet oubli de la part des professionnels de l’académie des Oscars peut sembler étonnant après un accueil critique et public globalement très favorable (rappelons que Fassbender avait été salué par un prix d’interprétation à la Mostra de Venise, et qu’il était nommé aux BAFTA dans la catégorie meilleur acteur – récompense raflée par Jean Dujardin), il semble ne pas déranger le réalisateur outre mesure :

C’est un peu dingue, mais c’est comme ça. C’est un trophée américain, qu’ils le gardent. C’est un acteur qu’on ne rencontre qu’une fois par génération, qui peut se transformer et se transcender de façon très crédible. C’est le genre de type que c’est.

Un acteur qu’il est d’ailleurs tout à fait prêt à faire tourner à nouveau :

Tout dépend du script. Si Michael est la bonne personne pour le personnage et qu’il apprécie le script. Ce que j’aime dans notre relation c’est qu’elle n’est pas exclusive, ce n’est pas un mariage. C’est de l’amitié et elle est faite de respect pour le talent de l’autre et de l’amour du film.

Ça fait en tout cas un concurrent sérieux en moins pour « The Artist » et Jean Dujardin, qui ont eux toutes leurs chances d’être primés dimanche (lire à ce sujet « Why The Artist Will Win Best Picture at the Oscars »)

Catégories :actus Étiquettes : , , ,

Jean Dujardin continue de faire le clown en anglais

10 février 2012 1 commentaire

Il n’arrête pas en ce moment ! En pleine campagne pré-oscars pour « The Artist »Jean Dujardin alias « John of the Moon » donne de sa personne dans des talk-shows américains, n’hésitant pas à faire sa célèbre imitation du chameau, ou à mimer la démarche de John Wayne. Et si son anglais n’est pas encore au top, on peut dire qu’il progresse de jour en jour et que nos amis outre-atlantique semblent apprécier. Suffisamment pour qu’il remporte la statuette tant convoitée ?

Dernière blague en date, cette vidéo de Funny or Die où il auditionne pour des rôles de grands méchants :

Au late show :

Au tonight show de Jay Leno :

Catégories :actus Étiquettes : , , , ,

Revue de web : Les Oscars 2011 sous influence européenne

15 décembre 2011 Laisser un commentaire

Déjà acclamé par les critiques new yorkais qui lui ont décerné leur prix du meilleur film, « The Artist » de Michel Hazanavicius fait déjà figure de favori avec 6 nominations aux prochains Golden Globes. Un succès outre-atlantique de bonne augure pour nos frenchies aux prochains Oscars.

Sur le site du magazine Variety, le journaliste américain Peter Debruge jette un oeil sur les films qui vont faire la cérémonie à venir et parle de l’influence très européenne qui marque les favoris pressentis pour 2011. Parmi les prétendants en lice pour la statuette dorée, il évoque notamment notre film français The Artist, mais aussi d’autres oeuvres qui prennent racine en Europe comme Tintin, Hugo Cabret ou encore le très attendu Millenium, qui a ravi les critiques américains.

Un peu de chauvinisme, ça fait toujours plaisir, alors voici une traduction approximative de l’article en question (à lire en V.O. ici) :
Un an après avoir leur levé leur chapeau pour le Discours d’un Roi, nos cousins européens semblent avoir une plus grande présence que jamais dans les films les plus célébrés de cette année. Mais, contrairement au « meilleur film de 2010 », qui mariait les talents britannique et australiens, beaucoup des prétendants au titre pour l’année 2011 montrent un inextricable mélange entre la sensibilité américaine et celle du vieux continent, que l’on a vu partout : de sujets européens (« Les aventures de Tintin »), à des lieux de tournage européens (« Minuit à Paris »), en passant par des réalisateurs européens (Roman Polanski).

Les deux films qui incarnent le plus cette tendance sont sans doute « Hugo Cabret »de Martin Scorcese et « The Artist » de Michel Hazanavicius, deux hommages aux premiers jours du 7ème art livrés par des réalisateurs ayant chacun placé leur film dans le continent d’en face. Dans « Hugo », l’américain Martin Scorcese recrée de toute pièce une gare parisienne (Montparnasse) vers 1931 pour illustrer une histoire mystérieuse mettant en scène George Méliès, l’inventeur des effets spéciaux visuels et l’un des premiers à avoir utilisé le film comme moyen de raconter des histoires. Alors que Scorcese tournait en Europe, Hazanavicius voyageait jusqu’à Los Angeles pour fabriquer son hommage en noir et blanc à la grande époque du muet à Hollywood, intégrant à son casting des acteurs américains comme John Goodman ou Penelope Ann Miller pour jouer au côté de la star française Jean Dujardin.

« Mon idée était de faire un vrai film de réalisateur en hommage aux cinéastes qui m’ont inspiré, notamment John Ford, Tod Browning, Murnau et Josef Von Sternberg », explique Hazanavicius. Dans cette liste, les deux derniers étaient des européens qui ont trouvé du travail à Hollywood, une tradition qui perdure aujourd’hui. Né en France, Roman Polanski continue à raconter des histoires américaines de l’étranger, après « the Ghost Writer », « Carnage » se déroule dans un appartement de Manhattan. L’artiste londonien Steve Mcqueen a lui plongé encore plus profondément dans la psyché des habitants solitaires de « Gotham » avec « Shame ». […]

Alors que les Européens rendent hommage au cinéma américain, les réalisateurs américains se sont occupés quant à eux de mettre leur empreinte sur des histoires venues d’Europe. En se doutant que se cachait une mine d’or derrière le best-seller suédois de Stieg Larsson « Millénium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes » (déjà adapté dans son pays d’origine), Sony a engagé David Fincher pour qu’il mette sa patte sombre sur cette oeuvre. Et Steven Spielberg revient avec deux projets, chacun adaptés d’oeuvres européennes. « Cheval de guerre », basé sur le conte d’un étalon de la première guerre mondiale écrit par le romancier britannique Michael Morpurgo, et « Les aventures de Tintin », qui donnent au héros le plus populaire de la BD belge la chance de figurer dans un blockbuster hollywoodien.

En filmant frontalement des sujets tels que l’antisémitisme, la misogynie et le viol, le thriller de Fincher met en lumière l’Europe de façon critique. Pas tellement Woody Allen et son « Minuit à Paris », qui montre la longue l’histoire d’amour de l’Amérique avec la ville lumière, en poursuivant son voyage dans les villes européennes (comme dans « Match Point », « Vicky Cristina Barcelona », etc.). Entre autres choses, le film souligne le fait que de nombreux artistes américains majeurs – Ernest Hemingway, F. Scott Fitzgerald et Gertrude Stein figurent tous dans ce conte où l’on remonte le temps – ont trouvé leur plus grande inspiration et leur acceptation en Europe. Aucun metteur en scène n’incarne plus clairement New York qu’Allen, qui n’a pas gagné un seul oscar en 25 ans, et pourtant son coeur a passé presque toute la dernière décennie à l’étranger.

Enfin, ce n’est pas pour rien que Terrence Malick, que certains considèrent comme le plus grand poète du cinéma américain, a pris une approche décidément très européenne pour « The Tree of Life », qui tourne autour de sa petite ville du Texas et ramène à la surface la perte de son frère dans l’examen très personnel de la fragilité et du miracle de la vie. C’est un film qui n’aurait pu exister si le chemin n’en avait pas été tracé par des auteurs d’outre-atlantique tels que Stanley Kubrick et Michelangelo Antonioni. Dans cette lignée, l’influence européenne ne surprendra personne chez Alexander Payne, le réalisateur de « The Descendants ». « Quand on a affaire à des réalisateurs auteurs, comme Scorcese et Malick, n’est-ce pas toujours le cas ? »