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Critique express : « The Dictator » de Larry Charles

1 juillet 2012 1 commentaire

Après s’être fait connaître dans le rôle du rappeur Ali G, avoir choqué l’Amérique sous les traits de Borat, fier et digne représentant de la nation Kazakhstan, et incarné l’homo-facho-fashionista autrichien Brüno, Sacha Baron Cohen revient sur grand écran avec un nouveau personnage haut en couleur dont lui seul a le secret. J’ai nommé l’Amiral Général Aladeen, leader suprême de l’Etat de Wadiya, riche de milliards de pétrodollars. Un dictateur ayant accédé au pouvoir dès l’âge de 6 ans à la mort de son père. Un pouvoir dont il use et abuse à outrance, en remplaçant des mots du dictionnaire par son nom, exécutant tous ceux qui lui déplaisent, ou en consommant des prostituées stars d’Hollywood ou en exigeant la fabrication d’ogives nucléaires pointues. Bref, Aladeen est le tyran des tyrans, inspiré par ses illustres et déchus prédécesseurs comme Saddam, Khadafi, ou encore Kim Jong Il, à qui il rend hommage.

Comme toujours, le comédien a fait sa promo en orchestrant savamment quelques happenings sur le tapis rouge des Oscars ou à Cannes où il répondait à Michel Denisot comme à son habitude sous le costume et avec l’accent de son personnage. Il a aussi fait monter le buzz en envoyant une vidéo de félicitations via YouTube à un François Hollande fraîchement élu, dans laquelle il le félicitait d’avoir battu le « nain » Sarkozy tout en regrettant la non élection de DSK, le seul président Français qu’il reconnaisse véritablement…

Mais le film, dans tout ça ? Potacherie vulgaire ou satire politique bien sentie ? Eh bien les deux mon général ! Comme dans ses précédents films, Baron Cohen campe un type politiquement très incorrect et installe des situations totalement trash. Mais il délaisse cette fois l’aspect semi documentaire (avec de « vraies gens » filmés qui réagissent aux horreurs qu’il débite) pour une fiction plus traditionnelle, s’octroyant même les services de bons acteurs dans des seconds rôles comme Ben Kingsley, son félon numéro deux, ou Michael C. Reilly en barbouze spécialiste en torture.

Le dictateur perd ici sa barbe et son titre lors d’une visite à New York où il se rend pour faire un discours aux Nations Unies, piégé par un complot ourdi par son oncle chef de la sécurité qui entend livrer son pays à de puissants groupes pétroliers. Classique… Ce dernier le remplace donc par un sosie profondément débile afin qu’il signe une nouvelle constitution démocratique pour son pays pour laisser la voie libre à ces vautours de l’énergie. Notre dictateur déchu va se retrouver confronté à la vraie vie, découvrant notamment le travail et l’amour au service d’une droit de l’hommiste incarnée par Anna Faris, et tenter d’empêcher la mise à exécution du complot qui le vise en reprenant sa véritable place.

Ce choc des cultures est forcément propice à des situations comiques ; et s’il alourdit sa farce politique par des gags scato et des blagues limite racistes, l’acteur scénariste parvient à renverser la situation grâce à des dialogues bien sentis où l’Amérique en prend pour son grade… Notamment dans un discours final plein d’ironie qui est bien sûr loin d’égaler celui du « Great Dictator » de Chaplin. Ce Dictator là n’en reste pas moins une bonne surprise et un divertissement plaisant.

Critique express : Carnage

7 janvier 2012 Laisser un commentaire

Après l’excellent thriller « The Ghost Writer », Roman Polanski nous revient en bonne forme avec une comédie acide et hilarante : « Carnage ». Adapté de la pièce de théâtre « Le dieu du Carnage », par Polanski et son auteure elle-même, Yasmina Reza, le film nous offre un huis clos surprenant entre deux couples bourgeois dans un appartement de Manhattan.

Au départ, une brouille dans un parc new-yorkais entre deux gamins, dont l’un finit par péter deux dents à l’autre d’un coup de bâton dans la face. Les parents de ces petits monstres se rencontrent alors chez « la victime » afin de régler le problème. Ce qui aurait dû durer tout au plus un quart d’heure va se prolonger en temps réel pendant plus d’une heure dans une joute verbale réjouissante, pour le grand plaisir du spectateur.

Bien que l’unité de lieu et de temps conservée pour le film puisse faire redouter d’assister à du théâtre filmé, Polanski insuffle avec le talent qu’on lui connaît un rythme très maîtrisé et une dramatisation dans sa mise en scène qui qui emporte tout sur son passage, et ce grâce à une excellente direction d’acteurs.

Et question acteurs, il s’est très bien entouré. Le quatuor Jodie Foster – Michael C. Reilly et Kate Winslet – Christoph Walz fonctionne à merveille et chacun participe brillamment à ce petit jeu de massacre, à coup de petites phrases assassines et réflexions mordantes. À ce jeu là, Jodie Foster, souvent proche de l’hystérie, et Kate Winslet, merveilleuse de colère rentrée, en viennent presque à voler la vedette à leurs compagnons.

Ce qui fascine dans Carnage, c’est de voir se craqueler au fur et à mesure le vernis de la civilisation et des manières, pour assister finalement à un véritable pugilat entre personnes bien sous tout rapport, à la limite du caricatural (le business man et son blackberry par ex.) et pourtant criants de vérité. C’est satyrique, mordant, cruel, et jouissif à regarder. Dommage donc que ça ne dure que 80 minutes…