Archive

Posts Tagged ‘Kristen Stewart’

Critique : « Sur la route » de Walter Salles

24 juin 2012 1 commentaire

Roman culte de la beat generation, « Sur la route » est réputé pour être une œuvre inadaptable sur grand écran, du fait de son rythme si particulier et de sa narration vraiment très peu linéaire. Le réalisateur Walter Salles, qui n’est pas étranger au genre du road movie (on lui doit les «Carnets de voyage » du jeune Ernesto Guevara), a tout de même décidé de relever le défi. S’il n’est pas relevé haut la main – impossible de toute façon pour cette arlésienne du cinéma sur laquelle tant de cinéastes dont Coppola se sont cassé les dents  – on peut néanmoins dire qu’il s’acquitte de sa tâche avec style mais dans une forme malheureusement beaucoup plus classique que celle du matériau original de Jack Kerouac. Il reste cependant très fidèle à sa trame, dans les personnages rencontrés, les lieux traversés et les différentes étapes de ce voyage initiatique.

Le film débute sur les premières lignes du roman énoncées par le personnage central de Sal Paradise (Sam Riley, révélé par Control), un jeune écrivain new-yorkais en devenir qui va voir sa vie bouleversée par sa rencontre avec un homme libre dans sa tête, Diego Dean Moriarty. Dean est marié à une adolescente de 16 ans (Marylou) avec qui il passe une partie de ses nuits quand il n’est pas occupé par d’autres conquêtes, ou bien parti boire et consommer des substances illicites. Attiré par le magnétisme de Moriarty, Sal est frappé d’un coup de foudre amical pour Dean, et les deux jeunes hommes deviennent inséparables. Ils  sortent régulièrement ensemble avec leur ami et poète Carlo Marx pour boire, fumer et écouter du be-bop jusqu’à l’aube dans les troquets et les night clubs de la Grosse Pomme.

Sam Riley, Kristen Stewart et Garret Hedlund

Après le départ de ses deux amis pour Denver, d’où est originaire Dean, Sal décide de les rejoindre et de commencer ce qu’il appelle sa « vie sur la route », en vivant de petits travaux comme la récolte de coton ou le chargement de trains de marchandise pour quelques dollars, sillonnant les somptueux paysages américains en bus ou en stop. Des voyages faits de rencontres, de séparations, de retrouvailles, de fêtes, de sexe et de drogue. Une succession de scènes de sexe (très sage) et de nuits agitées qui pourra lasser, si ce n’est que le charme des interprètes principaux de « Sur la route » opère dès le début : Sam Riley et Garret Hedlund possèdent un charme et un magnétisme qui les rend très attirants.

Kristen Stewart se lâche enfin

Les seconds rôles permettent aussi d’apporter un peu de substance et d’émotion dans un récit qui avance peu, bien que le metteur en scène l’ait rendu bien plus linéaire pour qu’il soit accessible à un public plus large. Kirsten Dunst, dans le rôle de Camille, la seconde femme de Dean, qu’il délaisse régulièrement pour son ex et ses autres maîtresses, est convainquante en amoureuse blessée. Carlo Marx, lui aussi amoureux de Dean, émeut, tout comme Kristen Stewart qui prouve qu’elle est capable de jouer correctement quand elle est bien dirigée. Quant aux apparitions de « guests » comme Viggo Mortensen en avatar de William S. Burrough, elles apportent  sporadiquement le petit grain de folie qui manque à l’ensemble. On aurait  en effet aimé assister devant son écran à de véritables transes comme celles évoquées dans le roman lors de ces nuits sous l’emprise de la benzédrine, celles du film restant au final plutôt sage.

Au final, « Sur la route » est un road movie contemplatif porté par un casting de premier choix et des images évocatrices. Il vous donnera peut-être envie de tailler la route et de picoler avec Sal et Dean à travers le continent américain. Dommage qu’il ne soit pas un peu plus barré.

Publicités

Critique : « Blanche-Neige et le chasseur »

23 juin 2012 5 commentaires

Hollywood est tellement en mal d’inspiration ces derniers temps qu’il se met à recycler les contes à tout va. Dernière victime (?) en date : Blanche-Neige… Deux mois après l’adaptation kitsch et sucrée de l’oeuvre de Grimm par Tarsem Singh, c’est dans une version dark et fantasy qu’on la retrouve dans le premier film du pubard Rupert Sanders : « Blanche-Neige et le chasseur« . Une relecture sombre et féministe du conte qui malgré quelques qualités visuelles et artistiques pêche clairement au niveau de son scénario. Comme l’affiche l’indique, le film est du même producteur qu' »Alice aux Pays des Merveilles », l’un des plus gros ratages de Tim Burton. Il ne fallait donc sans doute pas s’attendre à un chef d’oeuvre.

Il faut reconnaître que l’univers dépeint dans Blanche-Neige et le chasseur ne manque pas d’élégance. Les décors sombres et grandioses (du château de la Reine à la forêt hantée reconstituée dans les studios de Pinewood à Londres) et les costumes de la Reine Charlize parvient à nous installer d’emblée dans une gothique qui n’est pas sans rappeler celle des films de Tim Burton (encore lui). Il faut dire qu’ils sont signés de sa costumière attitrée, Colleen Atwood. Les effets spéciaux et animations diverses sont aussi une réussite, quoique trop présents : l’armée fantôme du début dont les soldats se brisent comme du verre dès qu’on les frappe, le vieillissement accéléré de la méchante Queen, sa dispersion en des dizaines de corbeaux… Toutes ces images nous font bien rentrer dans le monde du conte.

Charlize Theron Ravenna

Le trône de fer

Au niveau de l’histoire, maintenant, ça commence plutôt bien. Blanche Neige, enfant, perd sa mère. Son père inconsolable, défait une armée fantastique et libère sa prisonnière, Ravenna (la toujours sublime Charlize Theron) dont il s’éprend. Le soir des noces, cette blanche colombe l’empoisonne, le poignarde et s’empare de son royaume, dévoilant son côté obscur et jouant les hystériques à merveille. Elle fait alors emprisonner Blanche-Neige (Kristen Stewart) dans une tour, dont elle finit par s’échapper à la fleur de l’âge, juste avant que la Reine ne s’empare de son coeur comme préconisé par son miroir magique. La jeune et pâle princesse qui en a déjà bien chié s’enfuit alors par les latrines pour regagner la forêt hantée et échapper aux gardes.

M. Coupe au bol, le truc le plus effrayant du film

C’est ensuite que tout déraille. Poursuivie sans succès par le hideux frère de la Reine affublé d’une immonde coupe au bol, elle va ensuite être débusquée dans la forêt par le séduisant mais fort stupide chasseur (Chris Hemsworth, alias Thor) à qui la Reine a promis de lui rendre sa défunte épouse. Réalisant qu’il a été dupé par la Reine et son frère, celui-ci change alors d’avis, tombe amoureux de la vierge, et l’aide à nouveau à s’échapper. S’ensuivent des scènes incohérentes, inutiles et décousues qui servent de prétexte à dépenser de l’argent dans des décors plus ou moins beaux. L’un des exemples les plus parlants serait celui où, poursuivie par un troll qui veut la bouffer, Blanche-Neige lui crie « heeeeey » et lui lance son regard de biche. Forcément, ce dernier s’arrête bêtement pour la regarder dans les yeux et repartir d’où il est venu sans la manger. Ridicule ? Oui…

Après le passage imposé de la rencontre avec les nains, on assistera aux retrouvailles de la princesse avec le jeune William dont elle était éprise dans son enfance : un jeune homme à la beauté tout aussi banale que la sienne et au charisme également nul. En résulte un triangle amoureux avec le chasseur (pourquoi pas ?), qui ne sera absolument pas exploité (pourquoi ?).

« Qu’est-ce qu’elle est grosse ta hâche ! »

La coquine ayant croqué la pomme, c’est le baiser du second qui la réveillera de sa torpeur afin qu’elle nous livre la scène la plus drôle du film. Insipide et transparente comme à son habitude, elle se la joue William Wallace dans Braveheart pour que le bon peuple se rebelle et l’aide à aller se débarrasser de son affreuse belle-mère (pourtant bien plus belle et charismatique, quoique ce miroir idiot puisse en dire). La fin, on la devine. Personnellement, j’aurais apprécié que l’issue soit inversée, mais bon, on ne peut quand même pas violer les contes à ce point.

Bref, on retiendra peut-être de ce film quelques qualités visuelles et artistiques (et encore, il y a du bon et du mauvais) et la prestation de Charlize Theron, habitée. Le reste plaira peut-être aux fans de Twilight…

« Sur la route » dévoile sa bande-annonce

12 mars 2012 Laisser un commentaire
Sal Paradise (Sam Riley) & Dean Moriarty (Garett Hedlund)

Sal Paradise (Sam Riley) & Dean Moriarty (Garett Hedlund)

« Sur la route », l’adaptation du livre culte de Jack Kerouac, fondateur de la beat generation, vient de dévoiler sa bande-annonce. Réalisé par Walter Salles, à qui l’on doit notamment un autre road-movie, l’excellent « Carnets de voyage », le film est très attendu par beaucoup puisqu’il s’attaque à une oeuvre mythique de la littérature américaine. Un roman longtemps considéré inadaptable, de par le mouvement et le rythme si particulier de son récit peu narratif.

Co-produit par de grands noms : Francis Ford Coppola et Gus Van Sant, « Sur la route » réunit aussi un casting quatre étoiles des plus séduisants. Sam Riley, espoir montant du cinéma que l’on a pu découvrir dans le film « Control », interprète Sal Paradise, qui fait la rencontre du très libre Dean Moriarty (Garrett Hedlund) après la mort de son père. Un coup de foudre amical entre les deux jeunes hommes qui décident de rompre leurs attaches et partir à la découverte du monde avec Marylou (Kirsten Stewart), la jeune épouse de Dean. Sur la route, ils croiseront également Viggo Mortensen, Kirsten Dunst, Steve Buscemi ou encore Amy Adams. Excusez du peu…

Une bande-annonce prometteuse de laquelle se dégage le vent de liberté propre au roman et qui me donne personnellement très envie d’aller voir le film, qui sortira le 23 mai.