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Critique : « Sur la piste du Marsupilami » d’Alain Chabat

11 avril 2012 3 commentaires

Une affiche hideuse, une bande-annonce pas drôle, un Marsupilami aux allures de peluche… on pouvait s’attendre au pire. Et pourtant, « Sur la piste du Marsupilami » s’avère au final être une plutôt bonne comédie, qui réussit à allier à l’instar « d’Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre » du même Alain Chabat le côté cartoon et l’esprit des Nuls.

Même si tout n’est pas réussi et si on peut regretter un côté un peu trop familial, le film est suffisamment déjanté et offre une ou deux séquences déjà cultes qui suffisent à emporter l’adhésion.

Contrairement à « Astérix », Alain Chabat et son coscénariste Jeremy Doner ont adapté Franquin sans reprendre l’intrigue d’un des albums orginaux du Marsupilami, mais en piochant dans son univers visuel riche et bariolé. Chabat incarne Dan Geraldo, un reporter raté et pistonné en quête de scoop pour sauver sa carrière, qui arrive en Palombie, un pays fictif dont la devise est « Palompeu, Palombien »,  sans se douter qu’il y fera la plus incroyable des découvertes… Avec Pablito (Jamel Debbouze), guide local plein de ressources, ils vont mener une aventure trépidante et rencontrer le fabuleux Marsupilami, animal mythique qu’on « croyait qu’il n’existait pas et finalement qui n’existe ». Une trame très classique de buddy movie d’aventure qui va heureusement donner lieu à des moments assez délirants comme Chabat en a le secret.

Après une exposition des personnages un peu laborieuse, où les blagues ont tendance à tomber à plat pendant près de vingt minutes, le film débute vraiment lorsque le duo de pieds nickelés Chabat – Debbouze, enfin constitué, part à l’aventure dans la jungle, prétexte à une avalanche de blagues ultraréférencées et de répliques qui font souvent mouche.

Chabat en profite pour nous offrir des moments de comédie pure, notamment lors d’une scène impliquant Jamel Debbouze et un chihuaha, et laisse la voie libre à ses comédiens pour des compositions souvent convaincantes : Si Jamel fait son Jamel en nous rejouant une énième fois un rôle de petit escroc sympathique (la dernière fois c’était dans « Hollywoo »), il ajoute un petit supplément d’âme à son personnage qui en devient touchant. Lambert Wilson en étonnera plus d’un en dictateur palombien dont la grande passion donnera lieu à LA séquence culte du film et Fred Testot nous rappelle quant à lui le grand Michel Serrault en grand méchant complètement barré, alors que Patrick Timsit semble surjouer son rôle de petit nazillon psychopathe accro au tazer.

Quant au Marsupilami en lui-même, force est de constater qu’il est trop meugnoooon… La société française BUF a réussi l’exploit de faire de lui un véritable personnage aux expressions soignées et aux mouvements ultrarapides très bien animés. C’est fou ce qu’il peut faire avec sa queue, et il nous offre des séquences mêlant action et humour d’une grande efficacité.

L'animal qu'on croyait qu'il n'existait pas mais qui n'existe

On pourra néanmoins regretter un ton consensuel et des gags globalement destinés à un public très familial (plus que pour Mission Cléopâtre), avec certains éléments de scénario inutiles comme la prophétie dont on se fout éperdument, des scènes de danse trop longues et des blagues pas toujours drôles. Mais pas de quoi gâcher le plaisir devant ce bon gros divertissement, joliment illustré et très bien rythmé.

Hollywoo, le one-woman-show californien de Florence Foresti

10 décembre 2011 Laisser un commentaire

Quand deux des comiques actuels les plus populaires de France se rencontrent au cinéma, ça donne Hollywoo… une comédie légère qui a le mérite de bien faire rire pendant une heure et demi, et c’est déjà pas mal !

C’est principalement le talent et l’énergie de Florence Foresti, très en forme, et de Jamel Debbouze qu’on avait pas vu depuis longtemps, qui font de ce film un bon divertissement. Co-écrit par l’auteure de Motherfucker elle-même, Hollywoo est une sorte de one-one-woman show en version longue dans lequel elle s’amuse beaucoup, et nous avec.

Florence Foresti y interprète Jeanne, une comédienne un peu ratée dont l’unique job est d’être la doublure française de Jennifer Marshall, superstar d’un soap au succès mondial. Alors qu’elle vient de rempiler pour une troisième saison, la gourgandine décide de quitter la série pour cause de dépression. Ayant perdu son gagne-pain, Jeanne décide alors de partir pour Hollywood afin d’essayer de faire changer la diva d’avis. Une idée de départ qui sert de prétexte à Foresti pour nous offrir une véritable performance et y aller à fond dans la comédie et l’autodérision.

Malgré un scénario relativement classique et prévisible – on est bien loin d’une vraie satyre – le film nous offre une succession de scènes-sketches qui jouent sur les clichés et le « culture shock » entre nos frenchies et les personnages stéréotypés qui peuplent le microcosme hollywoodien, dont le film se moque gentiment. Ici c’est le comique de situation qui est privilégié, et il fonctionne plutôt bien.

Comment entrer dans la maison d'une star - Lesson one

Après quelques vaines tentatives pour approcher sa starlette, Jeanne rencontre Farres (Jamel Debbouze), un petit mec un peu escroc qui lui offre les clés de cet univers un peu particulier, et nous fait découvrir quelques techniques habiles pour pénétrer un studio, ou s’incruster dans une soirée mondaine quand on n’est pas sur la liste. Un rôle d’embobineur qui lui va comme un gant, même s’il faut dire que Foresti, véritable attraction du film, lui vole la vedette. Et si les deux trublions sont évidemment voués à finir ensemble comme il se doit dans toute bonne rom-com, c’est heureusement la déconne qui prend l’ascendant sur la romance (voir extrait ci-dessous).

Hollywoo n’est certainement pas la comédie de l’année (Intouchables ayant incontestablement raflé la mise) et le film s’essouffle un peu sur la fin, mais grâce à une Florence Foresti survoltée et hilarante, des gags plutôt réussis et des dialogues franglais qui font souvent mouche, le rire est bien au rendez-vous.

Petit avertissement néanmoins. Si vous êtes réfractaires à l’humour de Foresti, mieux vaut ne pas prendre son ticket…