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2011 : mes dix coups de coeur ciné

1 janvier 2012 Laisser un commentaire

Ça y’est, 2011 c’est fini. L’occasion de regarder dans le rétro et de faire un petit top 10 des films qui ont marqué l’an passé. Une année ciné assez faste avec pas mal de très bons films dans des genres divers et variés.

Avant de démarrer 2012 sur les chapeaux de roue avec J.Edgar d’Eastwood et Millénium de Fincher en janvier, voici donc mon petit best-of de l’année.

1. Black Swan : injustement bredouille aux derniers Oscars au profit du Discours d’un roi, le bijou noir de Daren Aronofski était pour moi la claque de ce début d’année. D’une grande maîtrise formelle, vénéneux et dérangeant, Black Swan est sublimé par la performance hallucinante et hallucinée de Nathalie Portman (qui a bien mérité tous ses prix), une mise en scène originale et des effets visuels bluffants.

2. Polisse : le grand prix du Jury au festival de Cannes est un film fort et poignant. Grâce à un casting parfait, des dialogues et interprétation collégiale d’une très grande justesse, Maïwenn signe son meilleur film, et probablement le meilleur film français de l’année.

3. Drive : le film qui fit de Ryan Gosling une star. Très présent cet année, avec Crazy, Stupid, Love et Les Marches du pouvoir , l’acteur impressionne dans un rôle casse-gueule quasi-muet. Un film très stylisé dont la lenteur et l’économie de paroles peut surprendre, mais qui m’a hypnotisé. Ryan y est pour beaucoup ❤

4. Intouchables : la comédie la plus populaire de l’année. Un succès amplement mérité pour le film de Toledano et Nakache qui nous ont offert un film très drôle et touchant.

5. The Artist : pari réussi pour Michel Hazanavicius qui a réussi à faire d’un film muet un succès critique comme public, en 2011. Un bel hommage au films hollywoodiens des années 20, qui a offert à Jean Dujardin son plus beau rôle.

6. La Guerre est déclarée : sur un sujet difficile, Valérie Donzelli met en scène une histoire personnelle d’où ressort une irrésistible envie de vivre. Un film drôle et émouvant.

7. Shame : un beau film sur la solitude extrême d’un homme. Porté par le jeu magistral de Michael Fassbender en sex-addict, Shame est une oeuvre froide, extrêmement maîtrisée, et assez troublante.

8. Mes meilleures amies : parce que les mecs n’ont pas le monopole de l’humour et du trash… Une très bonne comédie qui fait rire de bout en bout, avec une Kristen Wiig géniale. Ça ne fait pas dans la dentelle mais ça nous change des comédies romantiques habituellement pleines de guimauve sur le mariage !

9. Les Bien-Aimés : sans doute l’un des plus beaux films de Christophe Honoré, qui nous emporte sur près de quarante ans dans une jolie et triste saga romanesque. Le tout, comme pour Les Chansons d’amours, est très bien accompagnée par les chansons d’Alex Beaupain. Et quel casting ! (Deneuve & fille, Forman, Garrel, Sagnier, Delpech…)

10. Super 8 : parce que J.J. Abrams nous replonge en enfance et rend un bel hommage au cinéma de Spielberg de l’époque E.T.

Intouchables – déjà culte

19 novembre 2011 Laisser un commentaire

Plus de 5 millions de spectateurs en seulement deux semaines, et une fréquentation qui ne faiblit pas (+45% en deuxième semaine)… Le bouche-à-oreille semble marcher à plein régime pour Intouchables. 

Always look on the bright side of life

Le dernier petit bijou du duo Toledano / Nakache semble être en passe de dépasser au box office 2011 la dernière partie des aventures du petit sorcier puceau à lunettes (HP et les reliques de la mort et ses 6,5 millions de spectateurs) et la comédie régionaliste douanière Rien à Déclarer (number one avec 8 millions d’entrées). Une incroyable popularité qui fait de cette comédie un quasi phénomène, permettant au passage de faire exploser au grand jour le talent d’Omar et Fred Sy qui s’est désormais fait un nom, et confirmant celui de François Cluzet, presque devenu incontournable dans le cinéma français.

L’histoire, tirée d’une histoire vraie, tout le monde la connaît maintenant. Elle raconte la rencontre entre un richissime homme d’affaire cloué dans un fauteuil roulant suite à un accident de parapente, et un « jeune de banlieue, tout le temps la banane, un sourire au milieu du faciès », qui va devenir son auxiliaire de vie et bien plus encore.

En réussissant le pari casse gueule de parler d’un sujet comme le handicap en évitant la moindre note de pathos, Toledano et Nakache nous offrent avec Intouchables le buddy movie le plus drôle et le plus touchant qu’on ait vu depuis longtemps. Il faut dire que ces deux là savent s’y prendre en matière de comédie. Ils nous avaient offert il y a quelques années le film « ultime » sur les jolies colonies de vacances, Nos Jours Heureux, avec Omar Sy, déjà.

Ici, Omar illumine chaque scène, avec sa joie de vivre, son humour fracassant et sans pitié.  Le mec ose rire de tout, se moque de ce dont on se moque pas, à l’instar de ce classique instantané : la vanne du « pas de bras, pas de chocolat » qu’il assène à un Cluzet qui lui demande un M&M’s. Un moment emblématique du film qui explique cette amitié particulière qui va naître entre deux hommes a priori diamétralement opposés. Driss (Omar) regarde et traite Philippe (Cluzet) d’égal à égal, sans compassion outrée. Il n’hésite pas à le bousculer, le fait marrer souvent, et finalement lui redonne goût à la vie. Cluzet impressionne dans le rôle de cet homme qui a tout perdu, sauf sa fortune. Par sa seule voix et les expressions de son visage, il nous fait passer du rire aux larmes (pour les plus sensibles).

Pas de bras... Pas de chocolat

Il faut dire en plus que l’interprétation sans faille des deux interprètes principaux est comme d’habitude chez Toledano et Nakache servie par des dialogues très bien écrits, un rythme bien travaillé et des scènes dans lesquelles devant lesquelles on ne peut faire qu’applaudir (ce qui a eu lieu au moins dans la salle où j’ai vu le film, et j’imagine dans bien d’autres) : celle de l’entretien d’embauche dans laquelle Driss rencontre Philippe, celle où il ambiance magistralement une soirée d’anniversaire déprimante sur fond de Earth Wind & Fire, ou encore quand il accompagne Philippe à l’opéra et découvre un « arbre qui chante »… Le film parvient à la fois à être très drôle (rare pour une comédie française) et profond, en abordant des thèmes multiples comme le handicap, l’exclusion, la différence de classes, la solitude, etc. sans jamais être lourd ou plombant.

Un pétard ou un ricard, si t'as vraiment le cafard...

Bref, les raisons du succès mérité d’Intouchables sont multiples, alors un conseil : courez-y si ce n’est déjà fait. Après Polisse, dans un registre totalement différent, le cinéma français se porte décidément bien en cette fin d’année. Les ricains ne s’y sont pas trompés. Ils pencheraient paraît-il sur un remake. No use.