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Critique : « La Planète des singes : l’affrontement » de Matt Reeves

1 août 2014 Laisser un commentaire

4383Huitième long-métrage de la saga inspirée du roman de Pierre Boule, La Planète des singes : l’affrontement, fait suite au prequel La Planète des singes : les origines, sorti en 2011 avec James Franco dans le rôle (de l’humain) principal. Et malgré des qualités visuelles indéniables, le film s’inscrit très nettement en deça de son prédecesseur, déjà non exempt de certains défauts.

Si Matt Reeves (Chronicle), qui succède derrière la caméra à Rupert Wyatt, n’a rien d’un manchot et nous offre des effets visuels impressionnants à gogo, avec notamment un final de haute volée (le fameux affrontement du titre français, n’ayant rien à voir avec sa traduction littérale : l’aube de la Planète des singes), le scénario est tellement prévisible que c’est l’ennui qui prend le pas sur le spectacle.

L’introduction est interminable. Quelques années après la fin des événements du premier épisode, un virus simien a décimé presque tous les Hommes tandis que l’on découvre César, le singe héros du premier volet (toujours interprété impeccablement par le roi de la motion capture Andy Serkis) devenu le chef d’un clan de singes évolués et « parlants », qui a pris ses pénates dans la forêt de San Francisco. Malgré une représentation quasi documentaire et assez confondante de la vie de ses singes dans leur environnement naturel, que le réalisateur de Chronicle a su subtilement amener grâce à une maîtrise incontestable de la performance capture (qui semble atteindre un niveau de qualité optimal, puisqu’on croirait ces singes réels), l’intrigue peine terriblement à démarrer et va s’avérer véritablement inintéressante.

 

la-planete-des-singes-l-affrontement-dawn-of-the-planet-of-the-apes-30-07-2014-9-gUn groupe de rescapés tombe par hasard sur César et ses compères dans ladite forêt – rencontre qui se passe évidemment mal étant donné la stupidité d’un humain on ne peut plus carricatural. Néanmoins, César étant le sage qu’il est, il obtient une trêve fragile avec les humains ira ensuite jusqu’à accepter d’aider l’un de ces hommes, Malcolm (Jason Clarke, inconnu au bataillon et parfaitement transparent – mais pourquoi donc ont-ils viré James Franco ?) à refaire fonctionner un barrage hydraulique, indispensable à la survie de son espèce. Une concession que le singe accorde pour éviter l’inévitable : une guerre entre humains et singes parvenus grosso modo au même stade de l’évolution dont on se doute que l’une des deux espèces tentera de dominer l’autre.

La morale – les singes, devenus « intelligents » sont finalement capables d’être aussi bon ou mauvais que les hommes, et de se faire la guerre entre eux par appât du pouvoir – étant courue d’avance, on n’échappera pas aux hostilités, non sans avoir attendu des plombes ce dénouement spectaculaire vendu par l’affiche et la bande-annonce. Et l’on finit même par être agacé par un scénario qui fait la part belle aux clichés, aux personnages stéréotypés et aux situations convenues. On passera aussi sur la sempiternelle apologie des valeurs familiales.

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La présence au casting de l’excellent Gary Oldman et de la revenante Keri Russell (bien mal servie par un rôle de potiche infirmière) et leurs quelques scènes n’y changeront rien, cette énième version de la Planète des singes ne fera malheureusement pas date en dépit d’une réalisation soignée et d’une puissance visuelle qui, certes, peut mériter le déplacement.

Du beau gâchis !

 

 

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La taupe : pas top…

21 février 2012 2 commentaires

Tinky Winky Dispy Lala

Le jeu de mot est facile mais représente bien mon impression générale après avoir vu cette première adaptation au cinéma de John Le Carré. Je m’attendais effectivement à mieux de la part de Thomas Alfredson, réalisateur suédois de l’excellent « Morse » (grand prix remarqué du festival du film fantastique de Gérardmer en 2009), qui réinventait le mythe du vampire avec énormément d’originalité et de singularité.

« La Taupe » raconte une histoire plus classique (mais beaucoup plus complexe) d’espionnage sur fond de guerre froide. Malgré une reconstitution saisissante de réalisme et des plans d’une grande inventivité, les méandres de cette enquête interne sont tellement difficiles à suivre qu’on en finit par se désintéresser totalement de son enjeu : qui est le fameux traître parmi « Tinker, Tailor, Soldier, Spy », titre à rallonge original du film qui fait référence aux grands pontes de l’organisation, « le cirque », sur lesquels se portent les soupçons ?

On a en effet plutôt intérêt à rester attentif si on veut un tant soit peu comprendre ce qui se passe. D’après ce que j’ai saisi, suite à une mission ratée à Budapest, le patron des services secrets de sa majesté se retrouve sur la touche, tout comme l’un de ses fidèles, George Smiley (Oldman). Ce dernier est néanmoins immédiatement engagé secrètement par le gouvernement qui a des raisons de croire qu’il est infiltré par un agent double à la solde des soviets. Aidé par un jeune agent (le Sherlock de la série BBC), Smiley va s’atteler à la difficile tâche de débusquer cette taupe.

Sherlock & Smiley

C’est ensuite que ça se complique. Difficile de comprendre qui est qui, qui a fait quoi, qui est dans quel camp. Des flash-backs récurrents censés nous apporter des éléments de réponse ne sont parvenus qu’à m’embrouiller. Que ce soit quand ils mettent en scène Jim Prudeaux (Mark Strong), agent trahi au début du film, ou bien Ricki Tarr (impeccable Tom Hardy), un agent disparu quant à lui soupçonné de trahison, qui s’est enamouré d’une fille de l’est détenant des informations cruciales sur la fameuse taupe. On comprend aussi, que Colin Firth couche avec la femme de Gary Oldman, à qui on ne la fait pas mais qui a l’air de complètement s’en foutre.

"You fuck my wife?"

Bref, un film d’espionnage aux antipodes d’un Jason Bourne ou d’un James Bond, sans doute bien plus réaliste mais trop clinique, froid et alambiqué pour emporter l’adhésion. C’est d’autant plus regrettable que Thomas Alfredson fait preuve d’une véritable maîtrise formelle et réunit un bon casting mené par un Gary Oldman efficace à contre-emploi, étonnant de sobriété en vieux barbouze fatigué et taiseux. Je le préfère quand même pour ma part dans ses rôles de méchants psychopathes.

L’ambiance propre aux seventies (tons gris, papiers peints dégueu, cheveux longs et pattes d’eph, etc.) a beau être particulièrement bien travaillée, le rythme de l’ensemble est bien trop poussif et l’intrigue trop complexe pour susciter l’intérêt. Et dire que la bande-annonce promettait un film haletant et à suspense ! En réalité on s’ennuie ferme et on a surtout l’impression que le film ne s’achèvera jamais, si bien qu’on n’a finalement pas grand chose à faire de découvrir qui est cette taupe dont on parle dès le départ, bien que son identité soit révélée dans un plan qui joue très subtilement avec le cadre…

Attention, Spoiler ! La taupe du film a pour nom de code René

Reste quand même, et heureusement, une très jolie scène finale de règlement de compte, avec en fond musical une reprise de « La Mer » de Trenet.