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Posts Tagged ‘Charlize Theron’

Critique : « Blanche-Neige et le chasseur »

23 juin 2012 5 commentaires

Hollywood est tellement en mal d’inspiration ces derniers temps qu’il se met à recycler les contes à tout va. Dernière victime (?) en date : Blanche-Neige… Deux mois après l’adaptation kitsch et sucrée de l’oeuvre de Grimm par Tarsem Singh, c’est dans une version dark et fantasy qu’on la retrouve dans le premier film du pubard Rupert Sanders : « Blanche-Neige et le chasseur« . Une relecture sombre et féministe du conte qui malgré quelques qualités visuelles et artistiques pêche clairement au niveau de son scénario. Comme l’affiche l’indique, le film est du même producteur qu' »Alice aux Pays des Merveilles », l’un des plus gros ratages de Tim Burton. Il ne fallait donc sans doute pas s’attendre à un chef d’oeuvre.

Il faut reconnaître que l’univers dépeint dans Blanche-Neige et le chasseur ne manque pas d’élégance. Les décors sombres et grandioses (du château de la Reine à la forêt hantée reconstituée dans les studios de Pinewood à Londres) et les costumes de la Reine Charlize parvient à nous installer d’emblée dans une gothique qui n’est pas sans rappeler celle des films de Tim Burton (encore lui). Il faut dire qu’ils sont signés de sa costumière attitrée, Colleen Atwood. Les effets spéciaux et animations diverses sont aussi une réussite, quoique trop présents : l’armée fantôme du début dont les soldats se brisent comme du verre dès qu’on les frappe, le vieillissement accéléré de la méchante Queen, sa dispersion en des dizaines de corbeaux… Toutes ces images nous font bien rentrer dans le monde du conte.

Charlize Theron Ravenna

Le trône de fer

Au niveau de l’histoire, maintenant, ça commence plutôt bien. Blanche Neige, enfant, perd sa mère. Son père inconsolable, défait une armée fantastique et libère sa prisonnière, Ravenna (la toujours sublime Charlize Theron) dont il s’éprend. Le soir des noces, cette blanche colombe l’empoisonne, le poignarde et s’empare de son royaume, dévoilant son côté obscur et jouant les hystériques à merveille. Elle fait alors emprisonner Blanche-Neige (Kristen Stewart) dans une tour, dont elle finit par s’échapper à la fleur de l’âge, juste avant que la Reine ne s’empare de son coeur comme préconisé par son miroir magique. La jeune et pâle princesse qui en a déjà bien chié s’enfuit alors par les latrines pour regagner la forêt hantée et échapper aux gardes.

M. Coupe au bol, le truc le plus effrayant du film

C’est ensuite que tout déraille. Poursuivie sans succès par le hideux frère de la Reine affublé d’une immonde coupe au bol, elle va ensuite être débusquée dans la forêt par le séduisant mais fort stupide chasseur (Chris Hemsworth, alias Thor) à qui la Reine a promis de lui rendre sa défunte épouse. Réalisant qu’il a été dupé par la Reine et son frère, celui-ci change alors d’avis, tombe amoureux de la vierge, et l’aide à nouveau à s’échapper. S’ensuivent des scènes incohérentes, inutiles et décousues qui servent de prétexte à dépenser de l’argent dans des décors plus ou moins beaux. L’un des exemples les plus parlants serait celui où, poursuivie par un troll qui veut la bouffer, Blanche-Neige lui crie « heeeeey » et lui lance son regard de biche. Forcément, ce dernier s’arrête bêtement pour la regarder dans les yeux et repartir d’où il est venu sans la manger. Ridicule ? Oui…

Après le passage imposé de la rencontre avec les nains, on assistera aux retrouvailles de la princesse avec le jeune William dont elle était éprise dans son enfance : un jeune homme à la beauté tout aussi banale que la sienne et au charisme également nul. En résulte un triangle amoureux avec le chasseur (pourquoi pas ?), qui ne sera absolument pas exploité (pourquoi ?).

« Qu’est-ce qu’elle est grosse ta hâche ! »

La coquine ayant croqué la pomme, c’est le baiser du second qui la réveillera de sa torpeur afin qu’elle nous livre la scène la plus drôle du film. Insipide et transparente comme à son habitude, elle se la joue William Wallace dans Braveheart pour que le bon peuple se rebelle et l’aide à aller se débarrasser de son affreuse belle-mère (pourtant bien plus belle et charismatique, quoique ce miroir idiot puisse en dire). La fin, on la devine. Personnellement, j’aurais apprécié que l’issue soit inversée, mais bon, on ne peut quand même pas violer les contes à ce point.

Bref, on retiendra peut-être de ce film quelques qualités visuelles et artistiques (et encore, il y a du bon et du mauvais) et la prestation de Charlize Theron, habitée. Le reste plaira peut-être aux fans de Twilight…

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Critique express : « Prometheus » de Ridley Scott

Prometheus

Le vaisseau Prometheus

Plus de trente ans après avoir initié le genre de la SF horrifique avec « Alien, le 8ème passager », et après des suites plus ou moins réussies signées quand même James Cameron, David Fincher et Jean-Pierre Jeunet, sir Ridley Scott revient enfin aux sources de la saga avec Prometheus. Un prequel (ou pas ?) très attendu grâce à une campagne marketing rondement menée distillant les infos au compte-gouttes et les bandes-annonces choc depuis le début de l’année, qui m’a (nous) a donné sérieusement la bave au coin de la bouche, tel un alien devant un steak humain.

Alors, un chef d’oeuvre de plus signé par l’auteur de « Gladiator » et « Blade Runner » ou une fausse bonne idée ? Ni l’un ni l’autre, mon capitaine. Avec « Prometheus », Mr Scott offre une oeuvre ambitieuse et parfois spectaculaire qui a le mérite de nous faire renouer avec cet univers si particulier, mais dont les défauts un peu trop nombreux empêchent l’adhésion totale.

L’expédition

« Prometheus » s’ouvre sur une séquence mythologique assez démente visuellement où l’où découvre un grand humanoïde blanchâtre avaler une substance étrange au bord d’une immense cascade bouleversant son corps jusque dans son ADN que l’on voit se distordre au niveau microscopique pour se disperser dans l’eau. S’ensuit  la découverte scientifique des professeurs Elisabeth Shaw (Noomi Rapace) et son mec Holloway (qui ressemble à Tom Hardy en moins charismatique) de peintures rupestres sur l’île de Skye en Écosse vers la fin des années 2090. Une fresque figurant un homme pointant le doigt vers une constellation que tout plein de civilisations qui ne partageait aucun contact ont toutes représenté à des siècles d’écart.

Notre amie Lisbeth Elisabeth en déduit qu’il s’agit d’une invitation pour nous autres humains à venir rencontrer notre créateur outre-galaxie, dans une planète fort fort lointaine… parce que comme elle l’explique aux membres de la mission Prometheus 2 ans plus tard, trois siècles de darwinisme on s’en balance ! C’est juste ce qu’elle a « choisi de croire ». Soit. Première incohérence d’un scénario signé Damon Lindelof (Mr Lost) qui en comptera bien d’autres qu’il serait fatiguant de recenser exhaustivement et que l’odieux connard a très bien décrites sur son blog.

Une histoire qui souffre surtout d’un terrible manque de rythme dans sa première heure qui nous ferait presque bailler. L’expédition met énormément de temps à se mettre en marche et on accumule les passages pas vraiment passionnants ni indispensables à l’intérieur du vaisseau, où l’on découvre un équipage assez nombreux mais dont on ne retiendra finalement que peu de participants : Shaw et son mec, l’androïde David (parfait Michael Fassbender) le captain Vickers (Charlize Theron, sous-exploitée), voire le pilote (Idris Elba). Les autres scientifiques présents ne seront là que pour se faire massacrer. Ils ne sont guère que deux à vraiment tirer leur épingle du jeu : Noomi Rapace s’avère excellente en digne ascendante de Ripley (notamment dans une scène de survival qui prend littéralement au bide) et Michael Fassbender apporte beaucoup d’ambiguité à son rôle de robot quasi humain.

Prometheus David Fassbender Shaw Rapace

Elisabeth Shaw (Noomi Rapace) et l’androïde David (Michael Fassbender)

Là où Prometheus s’avère efficace, c’est dans ses séquences d’action et de violence. Scott nous offre quelques scènes d’horreur assez saisissantes grâce à un bestiaire tout en tentacules et chuintements dégueus. On pourra d’ailleurs regretter que ces quelques scènes bien gore nous en montrent trop, atténuant le suspense bien plus présent dans Alien, où c’est la suggestion qui primait. Quant au scénario, à trop vouloir tout expliquer lui aussi, il détruit une part du mystère autour de cet univers qui était finalement bien plus intéressant. Et quoi qu’ait pu en dire Ridley Scott, on verra bien ce qu’on est venu chercher, le lien avec la saga Alien dans la courte et ultime séquence du film…

Bref, riche d’un univers visuel grandiose et de quelques scènes époustouflantes, Prometheus souffre de trop grosses lacunes en termes de rythme et de scénario pour se revendiquer d’un nouveau modèle de science-fiction comme on nous l’a vendu. Reste quand même que le spectacle a beaucoup de gueule et que les clins d’oeils à Alien font bien plaisir à voir…

 

La drôle de sex tape de Charlize Theron

3 avril 2012 2 commentaires

Actuellement à l’affiche de Young Adult, de Jason Reitman, la superbe Charlize Theron a fait les frais d’un piratage de smartphone, et a découvert qu’une de ses vidéos très personnelle a fuité sur le net. Une sextape dans laquelel on découvre les trips pour le moins bizarres de l’égérie de Dior.

Une fausse sextape réalisée par le site Funny or Die dans laquelle Charlize nous montre une fois encore l’étendue de son grand talent, et qui bénéficie aussi d’une suite dans laquelle elle agit en actrice bafouée, accusant le site d’avoir violé son intimité en diffusant cette vidéo « authentique ».

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Critique : « Young Adult » de Jason Reitman

30 mars 2012 3 commentaires

En seulement trois films (« Thank you for smoking », « Juno » et « In the air »), Jason Reitman, fils d’Ivan, a réussi à se faire un prénom. Passé maître dans l’art de la comédie satirique après ces trois succès critiques et publics, son dernier opus « Young Adult » était plutôt attendu au tournant. D’autant plus qu’il a fait de nouveau appel à la scénariste star de son carton « Juno », Diablo Cody. Le résultat : une anti-comédie romantique acerbe qui offre à Charlize Theron un rôle en or, mais reste néanmoins en-dessous de ses précédentes.

« Young Adult » surprend par son thème original et son personnage principal tout simplement odieux. C’est un peu l’histoire d’une prom queen passée de l’état de star du lycée à celui de déchet en une quinzaine d’années. Charlize Theron incarne Mavis, une trentenaire divorcée qui a réussi en écrivant une série de livres pour ados (ou young adult selon le classement des libraires outre-atlantique) et vit désormais dans la « grande ville », Minneapolis en l’occurrence. Un beau matin, elle reçoit par mail un faire-part de naissance de la part de son ex du lycée, Buddy Slade (Patrick Wilson), qu’elle n’a pas vu depuis des années. S’étant mise en tête qu’il était l’homme de sa vie, elle décide de le reconquérir, faisant fi de son bambin et de son mariage heureux. Elle retourne donc à Mercury, le bled de son enfance afin de mettre son plan de briseuse de ménage à exécution.

L’actrice incarne à merveille ce personnage ambigu d’adulescente nostalgique qui s’aperçoit de la vacuité de sa vie présente, entre solitude et carrière en bout de course. La plupart du temps vêtue de vieux joggings et t-shirt Hello Kitty, quand elle ne joue pas à la star glamour pour séduire son ancien amant, Mavis voit dans son passé idéalisé l’espoir de jours meilleurs, et lutte envers et contre tous contre le destin. À la fois insupportable et attachante, elle noie son insécurité dans l’alcool et cache son mal-être derrière une attitude sur d’elle et méprisante, ce qui génère des séquences ultra grinçantes. Bien que ce retour en arrière soit un terrible échec, elle persiste jusqu’au bout dans le déni de réalité jusqu’à une scène qui atteint des sommets dans le genre « awkward », comme disent les ricains. Un personnage antipathique et pathétique du début à la fin, pour lequel on ne peut pas s’empêcher d’avoir de la pitié en dépit de sa profonde méchanceté grâce à l’immense talent de son interprète.

Le problème, c’est qu’à force d’être grinçant et misanthrope, le film s’enfonce dans la gravité et en devient quasiment dépressif, ce qui nous plombe joliment l’ambiance. On sourit plus qu’on ne rit et on a même plus souvent envie de pleurer tellement tout cela semble désespéré, à l’image de la quête de Mavis. On est loin du vent de  légèreté qui soufflait sur « Juno », par exemple. Un film beaucoup plus amer que doux, donc.