Final cut 2013 : retour sur les films de l’années en 8min30

10 décembre 2013 Laisser un commentaire

Ça y est, le mois de décembre est déjà entamé.

L’occasion de voir fleurir sur la toile les traditionnels mashups des films de l’année écoulée.

En voici un premier – Final cut 2013 – qui retrace en 8 minutes et 30 secondes les films qui auront marqué l’an de grâce 2013, principalement outre-atlantique, mais pas que… (une certaine Adèle fait partie du lot).

Enjoy!

 

 

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Critique express : « Quai d’Orsay » de Bertrand Tavernier

26 novembre 2013 1 commentaire

quai-d-orsay-affiche-52380822bbb8cUne comédie sur les coulisses d’un cabinet ministériel, celui du Quai d’Orsay, en l’occurrence, tirant son inspiration d’une BD elle même inspirée du mandat de Dominique de Villepin sous la présidence Chirac, en plein crise Irakienne… Voilà qui ne me tentait pas très franchement. Mais la réputation du réalisateur, Bertrand Tavernier, la présence au casting du prometteur Raphaël Personnaz dans le rôle du nouveau plumitif embauché par le ministre pour lui produire ses « éléments de langage », ainsi que les critiques élogieuses au sujet de ce film ont achevé de me convaincre de faire le déplacement. Et la surprise fut des plus agréables.

Le projet, qui aurait pu prendre la forme d’un long et ennuyeux film sur les coulisses du ministère des affaires étrangères, s’avère si bien écrit, interprété et rythmé qu’on ne voit pas les deux heures du film passer.

Porté par la formidable interprétation de Thierry Lhermitte, qu’on n’avait pas vu depuis si longtemps en si bonne forme, Quai d’Orsay nous dresse le portrait d’un ministre flamboyant, Alexandre Taillard de Worms : exubérant, perpétuellement dans l’outrance et se contredisant sans cesse, véritable cauchemar pour ceux qui comme le jeune Arthur Vlaminck (Personnaz), tout droit sorti de l’ENA, doivent subir ses délires et réécrire sans cesse ses discours, en tentant d’y inclure les sacro-saintes références du ministre à Héraclite.

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Le potentiel comique de ce personnage est parfaitement exploité par Tavernier qui lui sert des dialogues particulièrement bien ciselés, et nous offre notamment une scène totalement burlesque qui tourne autour de stabylos. Le reste du casting n’est pas en reste. Niels Arestrup en tête dans le rôle ingrat de son bras droit flegmatique mais ô combien efficace dans la gestion des crises, est tout aussi convainquant.

Si l’ensemble tient sans doute plus de la farce que d’une véritable analyse des arcanes du pouvoir, cette fable politique offre un excellent divertissement. Une comédie franchement drôle, moderne et complètement prenante.

Critique express : « C’est la fin » de Seth Rogen et Evan Goldberg

24 octobre 2013 1 commentaire

En 2007, Evan Goldberg réalisait un petit court métrage avec ses potes Seth Rogen et Jay Baruchel intitulé Jay and Seth vs the Apocalypse, dans lequel les deux acteurs devisaient barricadés dans leur appartement alors que le monde arrive à sa fin.

 

Six ans plus tard, on prend les même et on recommence. En version longue. Rogen accompagne cette fois-ci Goldberg derrière la caméra, tout en restant devant avec Baruchel, pour un pitch qui n’a pas trop changé. Invités à une grosse soirée dans la nouvelle villa du comédien James Franco, Jay, Seth, Jonah Hill et autres habitués de la bande de Judd Apatow (entre autres guest stars comme Rihanna) voient leur fête tourner au cauchemar alors que se déclenche l’apocalypse sur les hauteurs d’Hollywood.

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L’occasion pour ces acteurs (qui interprètent tous leur propre rôle) de donner joyeusement dans l’autodérision, et de se faire plaisir en se payant un film de bande joyeusement foutraque et complètement bordélique, qui mixe comédie et film catastrophe plus ou moins habilement. Hollywood en prend (un peu) pour son grade et c’est suffisamment rare pour être salué.

Mais s’il est agréable de voir ces « stars » de se moquer d’eux-mêmes et jouer avec leur image – mention spéciale au « gentil » Michael Cera, star de SuperGrave et Juno, en cocaïnomane libidineux, et à Channing Tatum dans un emploi qu’on n’aurait jamais imaginé – on peut néanmoins regretter le fait que le film finisse par virer à la private joke. On sourit de temps en temps, mais il faut bien avouer que les survivors que l’on suit pendant 1h45 s’amusent parfois entre eux plus que nous devant l’écran, et que faute de scénario solide, la blague finit par tourner à vide dès la seconde moitié du long métrage.

Hormis ces quelques défauts et les effets visuels globablement assez hideux, la bonne humeur ambiante et quelques séquences jouant sur la bromance entre les deux héros rendent néanmoins cette aventure sympathique et on passe un bon moment. Un bon plan pour une séance télé dans son canapé.

Critique : « Gravity » d’Alfonso Cuaron

19 octobre 2013 3 commentaires

Image« Dans l’espace, personne ne vous entendra crier ». La punchline d’Alien de Ridley Scott aura également pu être apposée à l’affiche de Gravity, la nouvelle bombe du décidément très doué Alfonso Cuaron. Quelques années après s’être frotté au film d’anticipation avec l’excellent Les fils de l’homme, le metteur en scène mexicain nous offre tout simplement avec son dernier opus l’un des meilleurs longs métrages sur l’espace jamais réalisés. Pas étonnant qu’il fasse se déplacer les foules depuis sa sortie américaine il y a quelques semaines.

Le pitch tient en deux lignes : après un accident survenu lors d’une intervention sur un satellite, Ryan Stone (Sandra Bullock) une scientifique dont c’est le premier voyage dans l’espace et Matt Kowalski (George Clooney), un astronaute chevronné, se retrouvent seuls et livrés à eux-même dans l’univers. S’ensuit une heure trente de lutte contre la montre pour s’en sortir alors que toute communication avec Houston a été rompue. Pas facile quand on se retrouve entièrement démuni, à la dérive, à valser en apesanteur juste au dessus de notre belle planète bleue.

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Dans Gravity, le tour de force opéré par Alfonso Cuaron est avant tout visuel. On n’a simplement jamais vu ça au cinéma (vous pouvez d’ores et déjà mettre Appolo 13 aux oubliettes). La production du film aura duré en tout et pour tout 4 ans, et on comprend pourquoi, tant la 3D et les effets visuels ébouriffants contribuent à nous plonger au coeur de ce survival d’un nouveau genre. Ce cadre exceptionnel qu’est l’espace permet au réalisateur de nous offrir de longs plans séquences où la caméra virevolte autour de ses astronautes, eux-mêmes en train de tourner dans tous les sens alors que les débris fusent. L’apesanteur est filmée à la perfection et l’immersion est si totale qu’on a vraiment l’impression d’y être : les images de notre planète vue d’en haut sont simplement d’une beauté à couper le souffle.

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Dans le rôle principal, Sandra Bullock (qui revient en force depuis quelques mois) est convaincante en femme prête à tout pour s’en sortir, même si on regrettera un excès de sentimentalisme typique des grosses productions qui nous fait revivre son histoire personnelle dont finalement on se fout pas mal. Sa performance n’en reste pas moins à souligner, il faut dire qu’il n’est pas évident de faire passer des émotions dans l’espace étroit de son scaphandre, et que la valse chorégraphique à laquelle elle a dû se plier pendant des heures était probablement loin d’être évidente. Le résultat à l’image n’en est que plus crédible.

Heureusement que les blagues de George Clooney détendent un peu l’atmosphère pendant la première partie du film, car les épreuves qui attendent l’héroïne vont être terriblement angoissantes. Au coeur de cette histoire, c’est cette incroyable aventure au milieu de l’infini qui vous fera vibrer. Et rien ne sera épargné à cette héroïne en combinaison, dont la vie tient à maint et maint reprise à un fil ténu (au sens propre comme au figuré).

Impossible d’en dire plus sans trop en dévoiler, mais une chose est sure, si elle s’en sort, le docteur Stone aura « a hell of a story to tell ». Préparez-vous à vous rongez les ongles d’angoisse pendant ce baptême de l’espace ô combien éprouvant. Un spectacle terriblement oppressant, absolument hallucinant et époustouflant vous attend.

On en redemande !

Critique : « Blue Jasmine » de Woody Allen

9 octobre 2013 2 commentaires

SONY-JUOS-01_Onesheet_Layout 1On l’a lu un peu partout : Woody Allen, après une série de comédies plus ou moins anecdotiques tournées en Europe, est de retour aux Etats-Unis et y revient en très grande forme. Et on ne peut qu’acquiescer. Avec « Blue Jasmine », il signe selon moi son meilleur opus depuis l’excellent « Match Point » (sur ce point les avis divergent), avec qui le film a en commun une certaine noirceur. Quitte à l’ériger au rang des classiques du maître new-yorkais ? Pas forcément, néanmoins sa dernière livraison recèle de suffisamment de qualité pour figurer au classement des meilleurs films de l’année, à commencer par l’interprétation irréprochable de son actrice principale, Cate Blanchett.

« Blue Jasmine » est une comédie grinçante et cruelle sur le destin d’une femme tombée de très haut qui tente tant bien que mal de recoller les morceaux de sa vie brisée et de repartir de zéro. Au début du film, Jasmine (de son vrai prénom Jeanette, c’est quand même moins classe), arrive de New York pour s’installer à San Francisco, après que son mari, un homme d’affaire ayant escroqué nombre de grosses fortunes – mais aussi sa propre famille – a été mis sous les barreaux. Un destin fortement inspiré de l’affaire Madoff, donc. Et l’histoire d’une déchéance que nous fait vivre avec un grand talent Cate Blanchett.

Dès son arrivée à l’aéroport de San Francisco, après avoir saoulé sa voisine pendant tout le temps du vol, Jasmine agace, parle sans arrêt, crache ses angoisses à la face de qui veut l’entendre. Elle vient squatter chez sa soeur Ginger (Sally Hawkins), qu’elle a toujours soigneusement évité avant de tout perdre, et commence à vivre un choc des cultures particulièrement violent et certes pas toujours très subtil dans l’opposition entre la grande bourgeoise et les « prolétaires » que fréquente sa soeur. Abrutie par les cocktails Martini – Xanax qu’elle s’enfile à longueur de journée, cette grande bourgeoise déchue prend alors en pleine face la mesure de sa dégringolade sociale.

Le récit étant construit autour d’une série de flashbacks, on découvre progressivement l’ancienne vie de Jasmine, qui rend d’autant plus cinglante sa chute à mesure qu’on la voit ramer pour essayer de se remettre sur pied. Même si elle nous fait beaucoup rire au départ par ses excès et ses nombreux défauts, antipathique et condescendante au possible, Allen parvient à nous la rendre attachante sans se défaire de son regard mordant sur cette femme qui finira prête à mentir comme son défunt mari (Alec Baldwin) pour le remplacer par un nouveau beau parti.

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Constamment sur le fil, au bord du craquage complet, c’est l’interprétation de l’actrice australienne qu’on retiendra de ce très beau portrait de femme au bord de la crise de nerfs. Un spectacle drôle, cruel, pathétique et fascinant à la fois.

Après « Breaking Bad », le nouveau projet de Bryan Cranston

19 septembre 2013 Laisser un commentaire

64th Annual Primetime Emmy Awards - ArrivalsBryan Cranston, d’ores et déjà confirmé dans le rôle de Lex Luthor pour les prochaines aventures du Man of Steel de Zack Snyder, a déjà un autre projet en vue. Il incarnera le scénariste Dalton Trumbo, blacklisté pour son appartenance au parti communiste américain, dans un film indépendant dirigé par Jay Roach. Le tournage, qui aura lieu en 2014, marquera le prochain projet de Cranston après la conclusion de sa série Breaking Bad.

Dalton Trumbo était l’un des scénaristes les plus en vue à Hollywood en 1940, jusqu’à ce que le comité des activités non-américaines mette un terme à son ascension en lui demandant de témoigner, ainsi que d’autres scénaristes et réalisateurs, sur ses activités communistes. Trumbo refusa de donner la moindre information, passa 11 mois en prison, et devint l’un des « Hollywood 10 », un groupe d’auteurs inscrit sur une liste noire par les studios.

Il continua néanmoins à travailler sur plusieurs projets en secret (notamment « Spartacus »), sous pseudonyme, mais même si la liste noire s’affaiblit dans les années 60, les dommages faits à sa carrière étaient déjà faits. On lui accordera un oscar posthume en 1953 pour le scénario de Vacances romaines, le grand succès mettant en scène le couple Audrey Hepburn – Gregory Peck.

Le scénario de Trumbo est signé John McNamara, adapté de la biographie Dalton Trumbo, écrite par Bruce Cook en 1977.

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Critique express : « Jeune & Jolie » de François Ozon

28 août 2013 1 commentaire

ImageAprès le très réussi « Dans la maison », qui mettait déjà à l’honneur un adolescent assez trouble il y a quelques mois, François Ozon revient avec le non moins trouble « Jeune & Jolie », portrait en 4 saisons et 4 chansons d’une adolescente qui décide sans raison apparente de se livrer à la prostitution.

Isabelle a seize ans au début du film, vit sa première idylle pendant les vacances d’été, se masturbe sous les yeux (et les nôtres) de son petit frère qui l’épie, et perd sa virginité sur la plage, dans les bras d’un jeune éphèbe allemand, avant de célébrer en famille son 17ème anniversaire.

A la rentrée, on la découvre, toujours aussi belle, entrer dans un hôtel, puis se livrer à un vieil homme en échange de quelques centaines d’euros. « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans », comme l’écrivait Rimbaud dans un poème qui nous sera lu pendant le film. Pas beaucoup plus d’explications ne seront données sur les motivations de cette jeune et jolie fille, qui ne manque ni d’argent, ni d’affection, si ce n’est un certain goût pour la provocation et le scandale, et un fantasme qui la pousse, à chaque fois, à recommencer.

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Cette créature insaisissable à la voix douce, tantôt timide, tantôt femme fatale, c’est Marina Vacth, une jeune mannequin passée actrice qui crève l’écran devant la caméra d’Ozon, qui parvient avec l’élégance qu’on lui connaît à éviter l’écueil du pseudo-reportage sordide sur la prostitution estudiantine et à filmer avec assez de retenue les scènes pourtant crues dans lesquelles Isabelle alias Léa, s’adonne à son activité aussi lucrative que clandestine. 

Et si on reste un peu sur notre faim, le film posant plus de questions qu’il n’y répond, nous laissant seuls juges des actes de cette jeune et jolie fille, il est suffisamment sec et dérangeant pour mériter le déplacement.

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