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Critique : « Blue Jasmine » de Woody Allen

SONY-JUOS-01_Onesheet_Layout 1On l’a lu un peu partout : Woody Allen, après une série de comédies plus ou moins anecdotiques tournées en Europe, est de retour aux Etats-Unis et y revient en très grande forme. Et on ne peut qu’acquiescer. Avec « Blue Jasmine », il signe selon moi son meilleur opus depuis l’excellent « Match Point » (sur ce point les avis divergent), avec qui le film a en commun une certaine noirceur. Quitte à l’ériger au rang des classiques du maître new-yorkais ? Pas forcément, néanmoins sa dernière livraison recèle de suffisamment de qualité pour figurer au classement des meilleurs films de l’année, à commencer par l’interprétation irréprochable de son actrice principale, Cate Blanchett.

« Blue Jasmine » est une comédie grinçante et cruelle sur le destin d’une femme tombée de très haut qui tente tant bien que mal de recoller les morceaux de sa vie brisée et de repartir de zéro. Au début du film, Jasmine (de son vrai prénom Jeanette, c’est quand même moins classe), arrive de New York pour s’installer à San Francisco, après que son mari, un homme d’affaire ayant escroqué nombre de grosses fortunes – mais aussi sa propre famille – a été mis sous les barreaux. Un destin fortement inspiré de l’affaire Madoff, donc. Et l’histoire d’une déchéance que nous fait vivre avec un grand talent Cate Blanchett.

Dès son arrivée à l’aéroport de San Francisco, après avoir saoulé sa voisine pendant tout le temps du vol, Jasmine agace, parle sans arrêt, crache ses angoisses à la face de qui veut l’entendre. Elle vient squatter chez sa soeur Ginger (Sally Hawkins), qu’elle a toujours soigneusement évité avant de tout perdre, et commence à vivre un choc des cultures particulièrement violent et certes pas toujours très subtil dans l’opposition entre la grande bourgeoise et les « prolétaires » que fréquente sa soeur. Abrutie par les cocktails Martini – Xanax qu’elle s’enfile à longueur de journée, cette grande bourgeoise déchue prend alors en pleine face la mesure de sa dégringolade sociale.

Le récit étant construit autour d’une série de flashbacks, on découvre progressivement l’ancienne vie de Jasmine, qui rend d’autant plus cinglante sa chute à mesure qu’on la voit ramer pour essayer de se remettre sur pied. Même si elle nous fait beaucoup rire au départ par ses excès et ses nombreux défauts, antipathique et condescendante au possible, Allen parvient à nous la rendre attachante sans se défaire de son regard mordant sur cette femme qui finira prête à mentir comme son défunt mari (Alec Baldwin) pour le remplacer par un nouveau beau parti.

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Constamment sur le fil, au bord du craquage complet, c’est l’interprétation de l’actrice australienne qu’on retiendra de ce très beau portrait de femme au bord de la crise de nerfs. Un spectacle drôle, cruel, pathétique et fascinant à la fois.

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  1. 11 octobre 2013 à 15:34

    je ne suis pas trop fan de Blanchet…je ne suis donc pas très motivé pour voir ce film…

  2. 12 octobre 2013 à 11:52

    Dommage, car, comme l’écrit si bien l’auteur de la critique et comme je l’explique aussi http://bit.ly/17cmMFR Cate Blanchett est exceptionnelle. Le rôle de sa vie, assurément. Un très beau film, mélancolique, dur, complexe. Belle écriture, beau blog.

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