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Critique express : « La part des anges » de Ken Loach

affiche la part des angesÀ 75 ans passés, on peu dire que Ken Loach assure encore. La preuve avec son dernier film, La part des anges, prix du jury surprise à Cannes cette année, puisque ce prix « coup de coeur » est généralement destiné à  mettre en lumière le talent de jeunes cinéastes ou d’auteurs confidentiels plutôt que celui d’un vieux briscard confirmé… Mais si surprenant que ça, à bien y réfléchir, tant ce nouvel opus de l’auteur du palmé Le vent se lève respire la jeunesse et la fraîcheur. Dans la lignée de Looking for Eric, Loach nous offre une fois encore une comédie légère, mais comme habitude ancrée dans un climat social plutôt lourd, crise oblige.

Ça débute comme un épisode de Misfits, les super pouvoirs en moins, avec une bande de jeunes plus ou moins délinquants de Glasgow qui écopent de travaux d’intérêt généraux. Parmi eux, le héros Robbie, un jeune père de famille qui échappe de justesse à la prison suite à une violente agression qu’il a commise sous l’emprise de la coke, va découvrir l’univers très fermé de la distillerie par l’intermédiaire de son boss Harry (John Henshaw), un père de substitution pour ce jeune un peu paumé mais plein de ressources.

Paul Brannigan est une vraie révélation dans ce rôle, hanté par ses démons mais farouchement décidé à s’en sortir pour sa petite amie Leonie (Siobhan Reilly) et son fils Luke, malgré les multiples embûches sur son chemin (ses ennemis qui rêvent de lui faire la peau, son beau-père qui veut l’acheter pour qu’il sorte de la vie de sa fille…). Bien décidé à reprendre sa vie en main, il va se découvrir un talent pour la dégustation du whisky et inventer un stratagème à la ocean’s eleven pour subtiliser quelques bouteilles d’un fût estimé à un million de billets verts. Il entraîne alors ses potes dans une aventure à la fois rocambolesque et souvent hilarante, comme l’illustre par exemple la scène de la rencontre entre nos pieds nickelés déguisés en Écossais en kilt et la police locale après leur larcin.

Outre des situations de pure comédie et des dialogues qui valent le détour, Loach distille aussi dans ce film beaucoup de tendresse pour ses personnages et une vraie poésie, à l’image de son titre métaphoriques, qui fait référence à l’infime partie du précieux liquide ambré qui s’évapore toujours de son fût pendant sa maturation.

Elle a beau être assez mineure dans l’œuvre du cinéaste britannique, cette « Part des anges » demeure un vrai feel-good movie duquel on ne peut que ressortir avec un large sourire.

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