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Archive for juillet 2012

Critique express : « Les Kaïra » de Franck Gastambide

19 juillet 2012 1 commentaire

A l’origine, il y avait « Kaïra Shopping« , une websérie promue par Canal + où trois mecs de banlieue devisaient sur leur banc façon wesh devant une caméra posée face à eux. Succès oblige, est ensuite survenue l’idée d’en faire un long métrage du genre « La Haine » en mode drôle. Le résultat : une comédie relativement efficace mais qui pêche par son côté politiquement correct, ce qui est assez gênant pour un film sur les quartiers.

Ne connaissant pas du tout la série qui a inspiré le film, je m’abstiendrai donc de me prononcer sur un passage sur grand écran réussi par rapport au matériau original, pour ne parler que du film. L’introduction, assez réussie, pose le décor : une cité de Melun, dans le 7-7, où les barres d’immeubles délabrées sont détruites les unes après les autres, et nos trois lascars… Mousten (Franck Gastambide), Abdelkrim (Medi Sadoun), et Momo (JB Pochtier). Des types en jogging – casquette au chômage qui n’ont pas consommé depuis des lustres et aimeraient bien séduire une gazelle, ou au moins réussir à choper un 06. L’élément déclencheur du film va être la découverte d’une annonce pour devenir hardeur. Pourquoi pas ? Les trois kaïra se rendent donc au casting et passent un entretien avec un producteur au verbe haut et à l’accent belge (un François Damiens hilarant, comme d’habitude) qui leur réclame une bande démo dans lesquels il pourrait les voir à l’oeuvre.

Après cette entrée en matière plutôt bien menée dans laquelle sont aussi évacués pas mal de clichés relatifs à la cité, les choses se gâtent un peu. Le rythme devient poussif et les intrigues et personnages secondaires (le rappeur frimeur cador du tiékar joué par Ramzy, la jolie fille méritante qui aimerait voir son frère s’en sortir et sa copine qui flashe sur son pote…) tentent d’étoffer un scénario qui reste somme toute assez basique et dont l’enjeu principal consiste à découvrir si oui ou non les trois lascars arriveront à niquer avant la fin du week-end. Fort heureusement, quelques scènes assez jouissives et un poil trash qui lorgnent clairement du côté de Judd Apatow ou des frères Farrely remontent le niveau, notamment celle où nos acolytes rentrent de boîte et renversent en voiture un drôle d’animal en forêt. Et le film offre quelques très bonnes idées comiques et des dialogues souvent bien ciselés qui nous font oublier ses défauts et son côté forcément caricatural.

Ce n’est néanmoins pas suffisant pour faire des Kaïra une comédie mémorable sur la banlieue, d’autant plus que le scénariste et réalisateur Franck Gastambide semble avoir sacrifié au consensuel en otant de son film tout aspect subversif ou clivant. Un film commercial donc, mais pas désagréable pour autant car on y sent une vraie sympathie pour la banlieue et les habitants des quartiers.

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Critique express : « Piégée » de Steven Soderbergh

15 juillet 2012 1 commentaire

Cinéaste hyperactif et inclassable ne se laissant pas enfermer dans une catégorie, alternant blockbusters à gros budgets et films indépendants, Steven Soderbergh revient avec un nouveau film quelques mois seulement après Contagion, et tout juste quelques semaines avant Magic Mike, sa comédie sur fond de strip-tease masculin qui cartonne en ce moment outre-atlantique.

Dans Piégée, il met en scène Gina Carano, ex championne de street fight dans le  premier rôle. Elle y incarne Mallory, une espionne de choc formée par la CIA qui se retrouve piégée par son ex d’employeur (Ewan McGregor), embarquée dans une mission où ses collègues (Michael Fassbender, Channing Tatum…) vont tenter un par un de lui faire la peau. Mais la donzelle est coriace et se défend avec force et bravoure dans des scènes de combat âpres et hyper réalistes. Malgré la qualité du casting dans lequel on retrouve aussi Bill PaxtonMichael Douglas, ou encore Antonio Banderas et Mathieu Kassovitz venus pour cachetoner, ce film reste une vulgaire série B sans âme et sans saveur, et presque ennuyeuse alors qu’il ne dure qu’une petite heure et demi. Une grosse déception !

Si l’actrice principale est assez charismatique et parvient tant bien que mal à maintenir le film sur ses epaules, Piégée n’en reste pas moins une pâle copie de la saga Jason Bourne au féminin, le scénario et l’inventivité en moins. Forcément, en faisant trois films par an, difficile de faire en sorte qu’ils ne soient pas bâclés.

Pas besoin de se déplacer en tout cas, tout est dans la bande-annonce…

Critique express : « La part des anges » de Ken Loach

15 juillet 2012 Laisser un commentaire

affiche la part des angesÀ 75 ans passés, on peu dire que Ken Loach assure encore. La preuve avec son dernier film, La part des anges, prix du jury surprise à Cannes cette année, puisque ce prix « coup de coeur » est généralement destiné à  mettre en lumière le talent de jeunes cinéastes ou d’auteurs confidentiels plutôt que celui d’un vieux briscard confirmé… Mais si surprenant que ça, à bien y réfléchir, tant ce nouvel opus de l’auteur du palmé Le vent se lève respire la jeunesse et la fraîcheur. Dans la lignée de Looking for Eric, Loach nous offre une fois encore une comédie légère, mais comme habitude ancrée dans un climat social plutôt lourd, crise oblige.

Ça débute comme un épisode de Misfits, les super pouvoirs en moins, avec une bande de jeunes plus ou moins délinquants de Glasgow qui écopent de travaux d’intérêt généraux. Parmi eux, le héros Robbie, un jeune père de famille qui échappe de justesse à la prison suite à une violente agression qu’il a commise sous l’emprise de la coke, va découvrir l’univers très fermé de la distillerie par l’intermédiaire de son boss Harry (John Henshaw), un père de substitution pour ce jeune un peu paumé mais plein de ressources.

Paul Brannigan est une vraie révélation dans ce rôle, hanté par ses démons mais farouchement décidé à s’en sortir pour sa petite amie Leonie (Siobhan Reilly) et son fils Luke, malgré les multiples embûches sur son chemin (ses ennemis qui rêvent de lui faire la peau, son beau-père qui veut l’acheter pour qu’il sorte de la vie de sa fille…). Bien décidé à reprendre sa vie en main, il va se découvrir un talent pour la dégustation du whisky et inventer un stratagème à la ocean’s eleven pour subtiliser quelques bouteilles d’un fût estimé à un million de billets verts. Il entraîne alors ses potes dans une aventure à la fois rocambolesque et souvent hilarante, comme l’illustre par exemple la scène de la rencontre entre nos pieds nickelés déguisés en Écossais en kilt et la police locale après leur larcin.

Outre des situations de pure comédie et des dialogues qui valent le détour, Loach distille aussi dans ce film beaucoup de tendresse pour ses personnages et une vraie poésie, à l’image de son titre métaphoriques, qui fait référence à l’infime partie du précieux liquide ambré qui s’évapore toujours de son fût pendant sa maturation.

Elle a beau être assez mineure dans l’œuvre du cinéaste britannique, cette « Part des anges » demeure un vrai feel-good movie duquel on ne peut que ressortir avec un large sourire.

Une première affiche pour le « Man of Steel » de Zack Snyder

15 juillet 2012 Laisser un commentaire

La première affiche du Superman de Zack Snyder vient de faire son apparition sur la toile. Un poster qui ne manque pas de style !

Man of steel poster

Pour voir le film et le bel Henry Cavill en collants moulants sur nos écrans, il faudra encore patienter jusqu’à l’année prochaine…

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Une bande-annonce qui rend hommage aux modèles du genre pour Frankenweenie

14 juillet 2012 Laisser un commentaire

Disney a dévoilé au Comic Con une nouvelle bande-annonce très alléchante du Frankenweenie de Tim Burton, sous forme d’hommage aux grands films d’horreur des studios Universal de la grande époque des années 30.

Cette version longue et en 3D  et en stop motion du court-métrage réalisé par Burton en 1984 revisite l’histoire de Frankenstein avec un jeune garçon qui ramène son chien décédé à la vie. D’où des clins d’oeil plutôt réussis aux classiques que sont le Frankenstein de James Whale et sa scène du moulin en feu, et à sa suite, La fiancée de Frankenstein dont la mythique coiffure est ici affublée à une chienne.

Sortie française le 5 octobre prochain, avec les voix de Martin Landau, Martin Short ou encore Wynona Rider en VO, mais une fois n’est pas coutume, sans celle de Johnny Depp.

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11 juillet 2012 4 commentaires

Le Gorafi

Le dernier volet de la trilogie de l’Homme chauve-souris, initiée par Christopher Nolan, attendu avec impatience par tous ne fait pas que des heureux à Hollywood. En effet, certains s’inquiètent des trop bonnes critiques et avis positifs sur le film, estimant que cela pourrait rendre médiocre ou passable tous les autres films sortis ou à sortir cette année.

Un « trop » bon film?

Les premières critiques à l’issue des toutes premières projections de presse sont claires: si ce film là n’obtient pas un Oscar, aucun film de super héros ne pourra en obtenir. On parle de l’équivalent d’un « Parrain 2 », d’une conclusion de trilogie épique, de quelque chose de rarement vu sur grand écran.

C’est ce qui inquiète grandement les majors hollywoodiennes qui non seulement vont devoir affronter la concurrence économique et le poids d’un tel film mais craignent surtout qu’un trop bon film ne rendent…

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Critique express : « The Dictator » de Larry Charles

1 juillet 2012 1 commentaire

Après s’être fait connaître dans le rôle du rappeur Ali G, avoir choqué l’Amérique sous les traits de Borat, fier et digne représentant de la nation Kazakhstan, et incarné l’homo-facho-fashionista autrichien Brüno, Sacha Baron Cohen revient sur grand écran avec un nouveau personnage haut en couleur dont lui seul a le secret. J’ai nommé l’Amiral Général Aladeen, leader suprême de l’Etat de Wadiya, riche de milliards de pétrodollars. Un dictateur ayant accédé au pouvoir dès l’âge de 6 ans à la mort de son père. Un pouvoir dont il use et abuse à outrance, en remplaçant des mots du dictionnaire par son nom, exécutant tous ceux qui lui déplaisent, ou en consommant des prostituées stars d’Hollywood ou en exigeant la fabrication d’ogives nucléaires pointues. Bref, Aladeen est le tyran des tyrans, inspiré par ses illustres et déchus prédécesseurs comme Saddam, Khadafi, ou encore Kim Jong Il, à qui il rend hommage.

Comme toujours, le comédien a fait sa promo en orchestrant savamment quelques happenings sur le tapis rouge des Oscars ou à Cannes où il répondait à Michel Denisot comme à son habitude sous le costume et avec l’accent de son personnage. Il a aussi fait monter le buzz en envoyant une vidéo de félicitations via YouTube à un François Hollande fraîchement élu, dans laquelle il le félicitait d’avoir battu le « nain » Sarkozy tout en regrettant la non élection de DSK, le seul président Français qu’il reconnaisse véritablement…

Mais le film, dans tout ça ? Potacherie vulgaire ou satire politique bien sentie ? Eh bien les deux mon général ! Comme dans ses précédents films, Baron Cohen campe un type politiquement très incorrect et installe des situations totalement trash. Mais il délaisse cette fois l’aspect semi documentaire (avec de « vraies gens » filmés qui réagissent aux horreurs qu’il débite) pour une fiction plus traditionnelle, s’octroyant même les services de bons acteurs dans des seconds rôles comme Ben Kingsley, son félon numéro deux, ou Michael C. Reilly en barbouze spécialiste en torture.

Le dictateur perd ici sa barbe et son titre lors d’une visite à New York où il se rend pour faire un discours aux Nations Unies, piégé par un complot ourdi par son oncle chef de la sécurité qui entend livrer son pays à de puissants groupes pétroliers. Classique… Ce dernier le remplace donc par un sosie profondément débile afin qu’il signe une nouvelle constitution démocratique pour son pays pour laisser la voie libre à ces vautours de l’énergie. Notre dictateur déchu va se retrouver confronté à la vraie vie, découvrant notamment le travail et l’amour au service d’une droit de l’hommiste incarnée par Anna Faris, et tenter d’empêcher la mise à exécution du complot qui le vise en reprenant sa véritable place.

Ce choc des cultures est forcément propice à des situations comiques ; et s’il alourdit sa farce politique par des gags scato et des blagues limite racistes, l’acteur scénariste parvient à renverser la situation grâce à des dialogues bien sentis où l’Amérique en prend pour son grade… Notamment dans un discours final plein d’ironie qui est bien sûr loin d’égaler celui du « Great Dictator » de Chaplin. Ce Dictator là n’en reste pas moins une bonne surprise et un divertissement plaisant.