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Critique : « Young Adult » de Jason Reitman

En seulement trois films (« Thank you for smoking », « Juno » et « In the air »), Jason Reitman, fils d’Ivan, a réussi à se faire un prénom. Passé maître dans l’art de la comédie satirique après ces trois succès critiques et publics, son dernier opus « Young Adult » était plutôt attendu au tournant. D’autant plus qu’il a fait de nouveau appel à la scénariste star de son carton « Juno », Diablo Cody. Le résultat : une anti-comédie romantique acerbe qui offre à Charlize Theron un rôle en or, mais reste néanmoins en-dessous de ses précédentes.

« Young Adult » surprend par son thème original et son personnage principal tout simplement odieux. C’est un peu l’histoire d’une prom queen passée de l’état de star du lycée à celui de déchet en une quinzaine d’années. Charlize Theron incarne Mavis, une trentenaire divorcée qui a réussi en écrivant une série de livres pour ados (ou young adult selon le classement des libraires outre-atlantique) et vit désormais dans la « grande ville », Minneapolis en l’occurrence. Un beau matin, elle reçoit par mail un faire-part de naissance de la part de son ex du lycée, Buddy Slade (Patrick Wilson), qu’elle n’a pas vu depuis des années. S’étant mise en tête qu’il était l’homme de sa vie, elle décide de le reconquérir, faisant fi de son bambin et de son mariage heureux. Elle retourne donc à Mercury, le bled de son enfance afin de mettre son plan de briseuse de ménage à exécution.

L’actrice incarne à merveille ce personnage ambigu d’adulescente nostalgique qui s’aperçoit de la vacuité de sa vie présente, entre solitude et carrière en bout de course. La plupart du temps vêtue de vieux joggings et t-shirt Hello Kitty, quand elle ne joue pas à la star glamour pour séduire son ancien amant, Mavis voit dans son passé idéalisé l’espoir de jours meilleurs, et lutte envers et contre tous contre le destin. À la fois insupportable et attachante, elle noie son insécurité dans l’alcool et cache son mal-être derrière une attitude sur d’elle et méprisante, ce qui génère des séquences ultra grinçantes. Bien que ce retour en arrière soit un terrible échec, elle persiste jusqu’au bout dans le déni de réalité jusqu’à une scène qui atteint des sommets dans le genre « awkward », comme disent les ricains. Un personnage antipathique et pathétique du début à la fin, pour lequel on ne peut pas s’empêcher d’avoir de la pitié en dépit de sa profonde méchanceté grâce à l’immense talent de son interprète.

Le problème, c’est qu’à force d’être grinçant et misanthrope, le film s’enfonce dans la gravité et en devient quasiment dépressif, ce qui nous plombe joliment l’ambiance. On sourit plus qu’on ne rit et on a même plus souvent envie de pleurer tellement tout cela semble désespéré, à l’image de la quête de Mavis. On est loin du vent de  légèreté qui soufflait sur « Juno », par exemple. Un film beaucoup plus amer que doux, donc.

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  1. 30 mars 2012 à 16:28

    J’avais adoré Juno, moins aimé In The Air. Je l’avoue, le côté dépressif de ce film ne me tente pas trop mais pourtant… il me donne quand même envie. Mais bon, la question ne se pose même pas puisqu’il n’est pas diffusé dans ma p’tite ville de cambrousse !

  2. 30 mars 2012 à 17:24

    J’ai été très déçu par ce film, qui se laisse regarder mais qui est totalement sans surprise et finalement presque convenu…

  3. 30 mars 2012 à 18:00

    Il a quand même ses qualités je trouve, mais j’avoue qu’à la fin je suis resté très dubitatif. Il a fait bien mieux.

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