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Critique : « Hunger Games » de Gary Ross

J’aurais dû me méfier. Quand on compare un film à « Twilight », même pour dire qu’il le surpasse et qu’il est beaucoup plus adulte, ça sent pas bon. Eh oui, pas vraiment difficile de faire mieux que « Twilight », me direz vous avec justesse. Je me suis pourtant laissé convaincre par les critiques quasi unanimes qui faisaient de ce film un divertissement politique et intelligent.

« Hunger Games » c’est donc LA nouvelle adaptation d’une série littéraire à succès pour ados en mal de sensations, après « Harry Potter » et les niaiseries vampirico-romantiques de Stéphanie Meyer. N’ayant pas lu les livres de Suzanne Collins dont le film de Gary Ross est tiré, je m’abstiendrai d’en analyser les correspondances, d’autres l’ayant déjà fait tout en saluant sa fidélité au matériau original.

Contre-utopie faisant des Etats-Unis un pays baptisé Panem, où la population est divisée en 12 districts, le film raconte les « Jeux de la Faim » qui y sont organisés chaque année, une sorte de mix entre Battle Royale et Secret Story…. Le principe : chaque district fournit deux « tributs », un et une adolescente de 12 à 18 ans tirés au sort, soit 24 teenagers qui devront s’affronter dans une lutte à mort dans une « arène ». Un jeu filmé 24 heures sur 24 et retransmis en direct au peuple qui réclame du sang et des jeux, créé après une révolte pour faire comprendre au peuple qu’il valait mieux qu’il se tienne tranquille, mais à qui on laisse quand même un brin d’espoir. Eh oui, comme dans Highlander, à la fin, il ne pourra en rester qu’un. Nos petits amis ont donc une chance sur 24 de s’en sortir. Je ne comprends pas bien comment un jeu aussi injuste et cruel est censé brider les velléités révolutionnaires d’un peuple opprimé, mais bon.

Le film débute dans le district 12, celui des ploucs, et se focalise sur le personnage de Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence). Une fille courage de 16 ans sur laquelle sa mère incapable et sa petite soeur « Prime », maniaco-dépressive, comptent beaucoup, puisqu’étant sans ressources c’est la seule à ramener des écureuils au dîner. Cette belle Diane chasseresse est effectivement très douée au tir à l’arc, ce qui lui sera fort utile par la suite.

Après avoir fait connaissance avec elle et son meilleur ami, le bellâtre Liam Hemsworth, arrivent au district les représentants des Hunger Games pour le tirage au sort des deux tributs. Pas de bol, Elizabeth Banks, fardée à mort et méconnaissable dans son costume ridicule à la Mozart l’Opéra rock, tire la petite soeur de son chapeau. Je vous laisse imaginer sa terreur. Ni une ni deux, sa grande soeur Katniss se porte alors volontaire pour prendre sa place. Vient ensuite le tour du garçon, j’ai nommé Pita, le fils du boulanger facétieux qui a affublé son fils d’un nom de pain.

Nos deux nouveaux amis vont alors être emmenés au Capitole, l’endroit féérique où vivent les riches du pays, pour être coachés avant que la fête commence. Dans le TGV qui les y transporte, ils rencontrent leur mentor, Woody Harrelson, ancien winner des Hunger Games, qui est bien sûr devenu alcoolique et barbu avec des cheveux longs. Et c’est là où les choses commencent sérieusement à faire peine à voir. Le directeur artistique a fait le pari audacieux de faire de ce cette ville et des ses riches habitants les incarnations parfaites du mauvais goût. Costumes pailletés fluos, bouc taillé en vaguelettes pour le producteur du show, robe à flamme pour l’héroïne lorsqu’elle est présentée au public, perruque bleue du présentateur au sourire Colgate qui surjoue (Stanley Tucci). J’ai rarement vu une telle surenchère dans la laideur des décors et des costumes. Notons que Lenny Kravitz tente une reconversion en tant qu’acteur dans le rôle du styliste des deux ados, et qu’il n’aurait pas dû.

Je passe la séquence de l’entraînement où notre héroïne épate ses sponsors potentiels avec son arc et une flèche, et bien plus risible, la scène où son ami Pita montre sa force en lançant très loin une très très grosse boule. On découvre rapidement les concurrents dont le principal, ultrastéréotypé Kato, et on en arrive – enfin – aux Jeux en eux-même, au bout d’une bonne heure. La caméra tremblant du début à la fin, le massacre initial reste suggéré avec quelques jets de sang. Mais un peu d’action, ça ne fait pas de mal, et certaines mises à mort sont assez originales. Pendant une heure encore, on suit la belle héroïne en forêt face à ses adversaires et à son nouvel amoureux Pita (le charisme d’une endive), ce qui donne lieu à des répliques affligeantes de niaiserie entre les deux amants, jusqu’à un final vaguement subversif au happy end attendu.

En résumé, Hunger Games est très (trop) long, très mal rythmé, souvent hideux, et réalisé avec les pieds. S’il faut quand même reconnaître à son interprète principale un certain charisme et des qualités d’interprétation, ça n’a pas suffi à me captiver sur plus de heures, et j’ai bien failli partir avant la fin.

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  1. 23 mars 2012 à 14:27

    Whaaa ! Ben, j’te dirai comment j’ai trouvé ça. Mais j’ai un peu peur d’y aller maintenant…

  2. 23 mars 2012 à 14:30

    oui ça m’intéresse, parce qu’apparemment tout le monde trouve ça génial 🙂

  3. 23 mars 2012 à 16:15

    J’ai à peu près le même ressenti que toi sur ce film. Trop grand public, trop édulcoré.

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